
Éviction sociale et arrêt de travail : combien de jours, intervention par intervention
Rédigé et relu par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
Mis à jour le 15 octobre 2026
En bref : l'éviction sociale est la période pendant laquelle les traces de l'intervention — gonflement, bleus, pansement, fils — rendent difficile une vie sociale normale. Elle va de zéro jour pour une injection à deux semaines environ pour un lifting cervico-facial (G-Lift), et la convalescence atteint six semaines après une reconstruction mammaire. Les durées ci-dessous sont celles indiquées sur chaque fiche d'intervention ; elles varient selon les personnes et le type d'activité, et sont précisées en consultation.
ÉVICTION SOCIALE, ARRÊT DE TRAVAIL, CONVALESCENCE : TROIS NOTIONS
L'éviction sociale, ou indisponibilité sociale, désigne les jours pendant lesquels on préfère ne pas se montrer : œdème, ecchymoses, pansement, fils encore en place. Elle ne signifie pas que l'on est alité.
La reprise du travail dépend de l'éviction sociale, mais aussi de l'activité : un travail sédentaire, à distance ou sans contact avec le public se reprend plus tôt qu'un travail physique. Pour une intervention prise en charge par la Sécurité sociale, le chirurgien peut remettre un arrêt de travail ; pour une intervention esthétique, les jours d'absence relèvent de congés (voir plus bas).
La convalescence est la période de récupération physique, plus longue : arrêt des efforts, du sport et parfois de la baignade, port d'une contention, jusqu'à la cicatrisation. Le résultat, lui, s'apprécie plus tard encore : plusieurs mois, parfois un an.
REGARD
- Blépharoplastie (chirurgie des paupières) : éviction sociale 6 à 20 jours selon les cas (fils retirés au 5e jour, maquillage autorisé dès le 7e) ; reprise du travail dans le même délai ; sport : aucun effort violent les premiers jours, délai selon les cas — voir le détail jour par jour ;
- Lifting des sourcils : éviction sociale deux semaines (œdème et bleus) ; reprise d'une vie socio-professionnelle normale à deux semaines ; sport : selon les cas ;
- Lifting temporal : indisponibilité sociale deux semaines en moyenne ; reprise normale des activités au décours ; sport : selon les cas ;
- Traitement des cernes (acide hyaluronique) : pas d'éviction sociale, reprise immédiate ; sport : à éviter 48 heures.
VISAGE ET COU
- Lifting cervico-facial (G-Lift) : indisponibilité sociale deux semaines en moyenne (pansement compressif 5 jours, fils et agrafes retirés au 10e jour) ; reprise normale des activités au décours ; sport : selon les cas ;
- Lifting du cou par radiofréquence Quantum et liposuccion du double menton : éviction sociale 7 jours, dont 5 jours de pansement compressif ; reprise du travail à J+7 ; sport à 3 semaines ;
- Liposuccion et lipofilling du visage : gêne sociale 2 semaines (ecchymoses 10 à 15 jours) ; reprise du travail selon les cas ; sport : selon les cas ;
- Bichectomie : éviction sociale complète environ 10 jours ; sport : selon les cas ;
- Génioplastie : éviction sociale selon les cas (œdème des lèvres et du cou, alimentation molle pendant 10 jours) ; sport : selon les cas ;
- Lifting de lèvre supérieure : retour à une vie socio-professionnelle normale après 2 à 3 semaines dans la majorité des cas ; sport : selon les cas ;
- Otoplastie (oreilles décollées) : éviction sociale selon les cas ; bandeau de contention 6 semaines jour et nuit, puis 4 semaines la nuit ; sports de contact à éviter pendant la contention ;
- Lobe d'oreille fendu : éviction sociale selon les cas ; fils retirés à 10 jours ; sports de contact à éviter jusqu'au retrait des fils ;
- Rhinoplastie médicale : pas d'éviction sociale ; reprise immédiate, sans arrêt de travail ; sport : selon les cas.
INJECTIONS
- Botox (toxine botulique) : reprise immédiate des activités ; pas de sport intensif pendant 2 heures ;
- Mésobotox : retour au travail le jour même, maquillage dès le lendemain ; pas de sport intensif pendant 2 heures ;
- Botox du nez, du tiers inférieur (Nefertiti lift) et des sourcils : reprise immédiate ; pas de sport intensif pendant 2 heures ;
- Injections d'acide hyaluronique : retour très rapide à une vie normale, œdème et rougeur pendant 1 à 3 jours ; les six premières heures au calme, sans effort ;
- Injection des lèvres : sans arrêt de travail, mais œdème de 3 à 7 jours : prévoir au moins deux semaines avant un événement ; sport : à éviter 48 heures ;
- Radiesse : pas d'éviction sociale, retour immédiat à une vie normale ; sport et chaleur : à éviter 48 heures ;
- Jawline à l'acide hyaluronique : reprise immédiate, sans arrêt de travail ; sport : à éviter 48 heures.
SEINS
- Augmentation mammaire par prothèses : interruption d'activité professionnelle 2 semaines si travail sédentaire, 6 semaines si travail physique ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Lifting des seins (mastopexie) : convalescence et arrêt de travail 10 jours, non pris en charge par l'Assurance maladie ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Lifting des seins avec prothèses : 2 semaines si travail sédentaire, 6 semaines si travail physique ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Réduction mammaire : convalescence et arrêt de travail 21 jours ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Lipofilling mammaire : gêne sociale 2 à 3 semaines ; sport : selon les cas ;
- Changement de prothèses mammaires : 2 semaines si travail sédentaire, 6 semaines si travail physique ; sport à 6 semaines ;
- Asymétrie mammaire : selon la technique : gêne sociale 2 à 3 semaines après lipofilling, arrêt de travail 21 jours après réduction ; sport : selon les cas ;
- Seins tubéreux : convalescence et arrêt de travail 15 à 21 jours ; sport et baignade à 6 semaines à 2 mois ;
- Gynécomastie : arrêt de travail 10 à 21 jours ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Reconstruction mammaire par prothèse : 2 semaines si travail sédentaire, 6 semaines si travail physique ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Reconstruction mammaire par lipofilling : gêne sociale 2 à 3 semaines ; sport : selon les cas ;
- Reconstruction par lambeau de grand dorsal : convalescence d'au moins 6 semaines ; sport et baignade à 2 mois ;
- Mastectomie préventive : convalescence d'environ 6 semaines ; sport et baignade à 2 mois ;
- Torsoplastie : éviction sociale selon les cas (ecchymoses et œdème jusqu'à 3 semaines) ; ni efforts ni sport pendant 6 semaines.
SILHOUETTE
- Liposuccion : activité normale reprise 2 à 10 jours après l'intervention ; sport à 4 semaines ;
- Abdominoplastie : arrêt de travail 3 semaines ; sport et baignade à 6 semaines ;
- Bodylift : arrêt de travail 3 semaines ; sport à 6 semaines ;
- Lifting des bras : travail sédentaire repris après quelques jours ; contention 6 semaines ; sport à partir de la 7e semaine ;
- Lifting des cuisses : repos sans effort pendant 1 mois ; arrêt de travail 3 semaines si l'intervention est prise en charge ; sport et baignade interdits 6 semaines ;
- Lifting des fesses : arrêt de travail 3 semaines ; sport et baignade à 6 semaines ;
- BBL (Brazilian Butt Lift) : gêne sociale 2 à 3 semaines ; position assise interdite 3 semaines ; sport : selon les cas.
CHIRURGIE DERMATOLOGIQUE
- Kyste sébacé, lipome, grain de beauté : éviction sociale selon les cas (pansement, fils retirés entre le 5e et le 15e jour, plus tôt sur le visage) ; reprise du travail selon la zone opérée et l'activité ; ne pas forcer sur la cicatrice les premiers jours ;
- Carcinome basocellulaire et mélanome : après une exérèse simple sous anesthésie locale, éviction selon la zone et l'activité ; après une reconstruction du visage, voir la ligne suivante ;
- Lambeaux et greffes de la face : éviction sociale 1 à 2 semaines (fils retirés entre le 5e et le 7e jour) ; sport, efforts et chaleur à éviter 2 à 3 semaines ;
- Reprise de cicatrice : éviction sociale selon les cas (fils retirés entre le 5e et le 15e jour) ; sport : selon les cas.
INTIME
- Nymphoplastie : arrêt de travail le plus souvent pas nécessaire ; activité sexuelle à 6 semaines ; équitation et cyclisme à 1 à 2 mois ;
- Pénoplastie : élargissement : pas d'arrêt de travail ; allongement : arrêt de travail 5 à 10 jours selon l'activité ; vélo, équitation et moto à 6 semaines ;
- Lifting testiculaire : arrêt de travail généralement pas nécessaire ; sport et activité sexuelle à 3 semaines.
CE QUI ALLONGE OU RACCOURCIT L'ÉVICTION
Le tabac nuit à la cicatrisation, favorise l'infection et la nécrose des lambeaux : un arrêt complet est demandé au moins six semaines avant l'intervention et jusqu'à six semaines après, cigarette électronique comprise.
Les bleus et l'œdème varient beaucoup d'une personne à l'autre, à geste identique ; ils sont souvent maximaux vers le deuxième ou le troisième jour, puis régressent en une à deux semaines. Éviter l'aspirine et les anti-inflammatoires dans les cinq jours qui précèdent, dormir la tête surélevée les premières nuits et appliquer du froid après une injection limitent leur importance.
La chaleur et le soleil entretiennent le gonflement et fixent une pigmentation sur les cicatrices : sauna, hammam, sport intense et exposition sont à éviter les premiers jours, et les cicatrices sont à protéger du soleil pendant des mois.
L'étendue du geste compte aussi : une blépharoplastie des quatre paupières laisse plus de traces qu'une blépharoplastie supérieure isolée, et des gestes associés allongent les suites. Un pansement compressif ou une contention, lorsqu'ils sont prescrits, font partie de la durée d'éviction.
ARRÊT DE TRAVAIL ET CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
Une intervention esthétique n'est pas prise en charge par la Sécurité sociale : les jours d'indisponibilité qui la suivent ne donnent pas lieu à un arrêt de travail indemnisé par l'Assurance maladie. Ils s'organisent avec l'employeur, sous forme de congés ou, lorsque l'activité le permet, de télétravail.
Lorsque l'intervention est prise en charge par la Sécurité sociale — réduction mammaire, chirurgie après un amaigrissement important, reconstruction mammaire, exérèse d'une tumeur cutanée, par exemple —, le chirurgien peut remettre un arrêt de travail, d'une durée adaptée à l'intervention et à l'activité. Les conditions de prise en charge propres à chaque intervention vous sont précisées en consultation.
QUI OPÈRE, OÙ
Le chirurgien. Les interventions sont réalisées par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien, spécialiste qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (Ordre des médecins de Paris, n° 75/92735), ancien interne et chef de clinique des Hôpitaux de Paris, praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis, membre de la SOFCEP et du SNCPRE.
Le lieu. Les interventions prises en charge par la Sécurité sociale ont lieu à la Clinique Monceau (Paris 17e), les interventions esthétiques à la Clinique Alphand (Paris 16e) ; les injections et la chirurgie dermatologique sous anesthésie locale se font au cabinet, 10 rue Quentin Bauchart, Paris 8e (métro George V). Les consultations ont lieu au cabinet de Paris 8e, et à Saint-Maur-des-Fossés le vendredi, sauf pour la blépharoplastie et les tumeurs cutanées.
Ses publications. Ses publications scientifiques sont listées sur le site.
POUR ALLER PLUS LOIN
Les sept étapes du parcours, de la prise de rendez-vous aux consultations de suivi, sont décrites sur la page votre parcours, de la première consultation au suivi. Pour les paupières, deux pages détaillent les suites : combien de temps d'éviction sociale après une blépharoplastie et la blépharoplastie jour par jour.
À lire aussi : le déroulement de la première consultation et la page devis et tarifs. Chaque fiche d'intervention détaille l'anesthésie, les suites et les risques du geste concerné.
Consulter le Dr David Ganon
Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart (mardi et mercredi), et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire (vendredi). Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.
Réserver directement : Paris 8e · Saint-Maur-des-Fossés
Pour toute intervention de chirurgie esthétique, un devis détaillé vous est remis en consultation, puis un délai de réflexion d’au moins 15 jours est respecté avant l’intervention.
Photos avant / après : Principales interventions
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR L'ÉVICTION SOCIALE ET L'ARRÊT DE TRAVAIL :
Combien de jours d'éviction sociale après une blépharoplastie ?
Entre 6 et 20 jours selon les cas. Les fils, non résorbables, sont retirés au cinquième jour et le maquillage des cicatrices est habituellement autorisé dès le septième jour, ce qui permet souvent de reprendre une vie sociale plus tôt. L'écart tient au nombre de paupières opérées, à la réaction de chacun et à la nature de l'activité professionnelle.
Combien de temps après un lifting cervico-facial peut-on reprendre une vie sociale ?
L'indisponibilité sociale après un lifting cervico-facial (G-Lift) est en moyenne de deux semaines. Le pansement compressif est gardé cinq jours, les fils et les agrafes du cuir chevelu sont retirés au dixième jour, et les ecchymoses et l'œdème disparaissent en moyenne dans les deux semaines qui suivent l'intervention. Pour le lifting du cou par radiofréquence Quantum, comptez sept jours.
Combien de temps d'arrêt de travail après une augmentation mammaire ?
Il convient d'envisager une interruption de l'activité professionnelle de deux semaines en cas de travail sédentaire, et de six semaines en cas de travail physique. Aucune activité sportive ni baignade ne doit être pratiquée durant six semaines, et un soutien-gorge de contention est porté nuit et jour pendant cette période. S'agissant d'une intervention esthétique, ces jours ne font pas l'objet d'un arrêt de travail indemnisé.
Combien de temps d'arrêt de travail après une abdominoplastie ?
Il faut prévoir un arrêt de travail de trois semaines. La pratique d'une activité sportive peut être reprise progressivement à six semaines, à condition d'avoir obtenu une cicatrisation satisfaisante, de même que la baignade ; une gaine de soutien est portée jour et nuit pendant six semaines. L'arrêt de travail n'est indemnisé que lorsque l'intervention est prise en charge par la Sécurité sociale.
Combien de jours d'arrêt de travail après un lipome ?
L'ablation d'un lipome se fait le plus souvent sous anesthésie locale, au cabinet, sans hospitalisation, et ses suites sont habituellement simples : un inconfort, une sensation de tension, parfois un gonflement ou de petits bleus dans les 48 premières heures. Il faut éviter de forcer sur la cicatrice les premiers jours ; la durée d'indisponibilité dépend de la zone opérée et de votre activité, et vous est précisée en consultation. Les fils sont retirés entre le 5e et le 15e jour.
Peut-on travailler le lendemain d'une injection de botox ou d'acide hyaluronique ?
Oui, et même le jour même : les injections de botox permettent de reprendre ses activités immédiatement, en évitant seulement le sport intensif pendant deux heures. Après une injection d'acide hyaluronique, un œdème et une rougeur modérés durent un à trois jours et n'empêchent pas de travailler ; sur les lèvres, l'œdème est plus marqué et dure de trois à sept jours, ce qui justifie de prévoir au moins deux semaines avant un événement important.
Peut-on télétravailler pendant l'éviction sociale ?
Souvent, oui : l'éviction sociale correspond aux jours où l'on préfère ne pas se montrer, et non à une incapacité de travailler. Un travail sédentaire, à distance ou sans contact avec le public se reprend donc plus tôt qu'un travail physique. Les premiers jours restent toutefois réservés au repos, en particulier après une anesthésie générale, et les efforts sont à proscrire pendant toute la convalescence.
Quand reprendre le sport après une chirurgie esthétique ?
Cela dépend de l'intervention : trois semaines après un lifting du cou par radiofréquence Quantum, quatre semaines après une liposuccion, six semaines après une augmentation mammaire, une réduction mammaire, une abdominoplastie ou un lifting des cuisses, à partir de la septième semaine après un lifting des bras, deux mois après une reconstruction mammaire par lambeau de grand dorsal. Après une injection, le sport est simplement évité pendant quelques heures à 48 heures.
Un arrêt de travail est-il possible après une chirurgie esthétique ?
Une intervention esthétique n'étant pas prise en charge par la Sécurité sociale, les jours d'indisponibilité ne donnent pas lieu à un arrêt de travail indemnisé par l'Assurance maladie : ils s'organisent avec l'employeur, sous forme de congés ou de télétravail. Lorsque l'intervention est prise en charge, par exemple une réduction mammaire ou une exérèse de tumeur cutanée, le chirurgien peut remettre un arrêt de travail adapté.
Combien de temps d'éviction sociale après un lifting du cou par radiofréquence Quantum ?
Sept jours, dont cinq jours de pansement compressif. Les ecchymoses disparaissent en une dizaine de jours, l'œdème principal en deux à trois semaines, et le sport est repris après trois semaines. Les trois orifices de 2 mm ne laissent pas de cicatrice perceptible, et l'intervention, le plus souvent sous anesthésie locale, permet une sortie le jour même.