
Changement de prothèses mammaires
Rédigé et relu par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
Mis à jour le 12 octobre 2026
PRINCIPES
Le changement de prothèses mammaires est une chirurgie fréquente, réalisée en France depuis plus de 50 ans.
Les motifs conduisant à un changement d'implant mammaire sont très variés : ancienneté des implants avec ou sans rupture, contracture de la capsule péri-prothétique formée par l'organisme en réaction au corps étranger qu'est l'implant (« coque »), souhait d'un accroissement ou diminution du volume prothétique, changement de loge de l'implant (rétro/pré-pectorale).
Certaines patientes ne souhaitent parfois pas de repose d'un implant, estimant qu'une repose accentuera les risques d'une réintervention. Il s’agira alors le plus souvent, au cours de la même intervention, de traiter la ptôse associée (distension cutanée avec chute du sein).
Parfois, il pourra s'agir une ablation d'implants avec greffe adipeuse, utilisant la propre graisse de la patiente, qui une fois purifiée, sera réinjectée pour remplacer le volume laissé par la prothèse retirée.
Si elles existent, les conditions de prise en charge de cette intervention par l'Assurance-Maladie vous seront précisées par le Dr David Ganon.
AVANT L'INTERVENTION
Seront ainsi pré-déterminés l'emplacement des cicatrices, le type et la taille des nouveaux implants, la nécessité éventuelle d’une capsulotomie, ainsi que le changement de position ou non (changement de loge possible dans certains cas).
Un interrogatoire suivi d'un examen attentif aura été réalisé par le Dr David Ganon qui prendra en compte tous les paramètres qui font de chaque patiente un cas particulier (taille, poids, grossesses, allaitements réalisés, morphologie thoracique et mammaire, qualité de la peau, importance de la graisse et de la glande présente, musculature...).
Un bilan sanguin préopératoire sera réalisé conformément aux prescriptions. Le médecin anesthésiste sera vu en consultation, au plus tard 48 heures avant l'intervention. Un bilan radiologique du sein est prescrit pour les patientes âgées d’au moins 30 ans (mammographie, échographie).
Aucun médicament contenant de l'aspirine, ou anti-inflammatoire ou anti-coagulant ne devra être pris dans les cinq jours précédant l'opération. Il faudra rester à jeun (ne rien manger ni boire) six heures avant l'intervention.
TYPE D'ANESTHÉSIE
Il s'agit d'une anesthésie générale classique, durant laquelle vous dormez complètement.
MODALITÉS D'HOSPITALISATION
L'intervention justifie une hospitalisation d'une nuit à la clinique, avec une sortie le lendemain de l'intervention.
L'INTERVENTION
Le Dr David Ganon adopte une technique qui lui est propre et qu'il adapte à chaque cas pour obtenir les meilleurs résultats. Toutefois, on peut retenir des principes de base communs :
- Incision cutanée : il existe plusieurs « voies d'abord » possibles, sachant que la cicatrice initiale peut être reprise, ou que le chirurgien peut en créer une nouvelle :
- Voie aréolaire : avec incision de l’hémi-circonférence inférieure de l'aréole, ou horizontale contournant le mamelon par-dessous.
- Voie sous-mammaire : avec incision placée dans le sillon sous le sein.
- Des cicatrices péri-aréolaire, verticale voire horizontale (en « I » ou en « ancre de marine » ou « T inversé ») peuvent être réalisées en cas de cure de ptôse associée selon le degré d'affaissement du sein. La voie d'abord axillaire est aujourd'hui abandonnée.



- Ablation de la prothèse initiale : en passant par les incisions, les implants vont être retirés et analysés : forme, taille, intégrité.
- En cas de rupture d'implant, un lavage de la loge est systématiquement réalisé afin d'enlever le silicone qui pourrait s’y trouver. De plus, une déclaration de pharmacovigilance est réalisée.
- En cas d'absence de rupture, les prothèses sont explantées et aucune déclaration n'est réalisée. Si la patiente souhaite récupérer ses prothèses, elle doit en faire la demande avant l'intervention.
- Actes sur l'enveloppe ou capsule : analyse de l'intégrité de la capsule, de son épaisseur et de sa consistance. Plusieurs solutions sont possibles :
- La capsule est de bonne qualité et aucun geste ne la concernera.
- La capsule doit être assouplie et un acte de libération ou capsulotomie sera réalisé (sections transverses de la capsule qui est conservée).
- La capsule est « pathologique » et doit être enlevée : un acte d'exérèse ou capsulectomie partielle ou totale sera alors réalisé avec envoi systématique en analyse au laboratoire. Cet acte d'exérèse entraîne des risques de saignement et des douleurs, avec souvent la mise en place de drains et il existe un risque de récidive d'une capsule pathologique. Votre chirurgien peut programmer en avance la capsulectomie, dans le cadre d'une discussion lors de la consultation pré-opératoire, ou prendre la décision pendant l'intervention si l'état de la capsule le nécessite. Il vous aura alors avertie de ce risque peropératoire en consultation.
- Changement de loge : deux positionnements d'implants sont possibles,
- Pré-musculaire : les prothèses sont placées directement derrière la glande, en avant des muscles pectoraux,
- Rétro-musculaire : les prothèses sont placées plus profondément, en arrière des muscles pectoraux,
- En cas de capsulectomie ou de difficultés liées à une peau très fine, un changement de loge musculaire peut être décidé lors de la consultation pré-opératoire ou pendant la chirurgie.

En fonction du chirurgien, de la voie d'abord, et de la nécessité éventuelle d'actes complémentaires associés, l'intervention peut durer une à deux heures.
SUITES OPÉRATOIRES ET CONVALESCENCE
Les suites opératoires peuvent parfois être douloureuses les premiers jours, notamment lorsque les implants sont de volume important. Un traitement antalgique, adapté à l'intensité des douleurs, sera prescrit pendant quelques jours. Il s’agit principalement d’une sensation de tension dans la poitrine.
Œdème (gonflement), ecchymoses (bleus) et gêne à l'élévation des bras sont fréquents les premières semaines.
Un soutien-gorge avec contenseur est recommandé nuit et jour pendant 6 semaines.
Le fil de suture coulissant est retiré au 10ème jour postopératoire.
Il convient d'envisager une convalescence avec interruption d'activité professionnelle durant 2 semaines si travail sédentaire, 6 semaines si travail physique et ne pas pratiquer d’activité sportive durant 6 semaines.
Le pansement est à changer tous les jours pendant 10 jours, cela peut être fait au cabinet du chirurgien ou dans un cabinet infirmier, voire à domicile. Les soins de pansement peuvent être plus longs en cas de cure de ptôse associée.
Un assouplissement quotidien de la poitrine est recommandé une fois la cicatrisation obtenue (à six semaines), et ce à vie, afin d'entretenir une enveloppe ou capsule souple, et éviter sa rétractation (coque).
LE RÉSULTAT
Un délai de trois à six mois est nécessaire pour apprécier le résultat définitif. C'est le temps nécessaire pour que les seins aient retrouvé toute leur souplesse et que les prothèses se soient stabilisées.
L'intervention aura permis une amélioration du volume et de la forme de la poitrine. Les cicatrices sont habituellement très discrètes. La modification du volume mammaire peut avoir une répercussion sur la silhouette globale la rendant plus harmonieuse.
La suppression d'une coque entraîne un confort immédiat au niveau de la poitrine, supprimant cette sensation de tension gênante au quotidien.
En ce qui concerne la stabilité du résultat, indépendamment de la durée de vie des prothèses (voir plus loin) et exception faite de la survenue d'une variation importante de poids, le volume des seins restera stable à long terme.
Le but de cette chirurgie est d'apporter une amélioration et non pas d'atteindre la perfection. Si vos souhaits sont réalistes, le résultat obtenu devrait vous donner satisfaction.
LES IMPERFECTIONS
Certaines imperfections peuvent se rencontrer occasionnellement :
- une asymétrie de volume résiduelle, incomplètement corrigée malgré des implants de tailles différentes. Celle-ci sera toutefois plus discrète qu’avant l’intervention,
- une fermeté un peu trop importante avec souplesse et mobilité jugées insuffisantes (surtout avec des implants volumineux),
- la perceptibilité au toucher des implants est toujours possible, surtout quand l'épaisseur de la peau et de la glande est faible et que la patiente est mince,
- une déformation du sein, lors de la contracture du muscle pectoral, est parfois observée en cas d'implants rétro-musculaires chez les patientes minces et musclées.
En cas d'insatisfaction, certaines de ces imperfections pourront éventuellement bénéficier d'une correction chirurgicale après six mois au minimum.
QUESTIONS DIVERSES
Grossesse/allaitement :
Après une mise en place de prothèses mammaires, une grossesse est envisageable sans risque particulier connu, ni pour la patiente ni pour l'enfant mais il est recommandé d'attendre au moins six mois après l'intervention. Pour ce qui concerne l'allaitement, il n'est pas non plus dangereux et reste possible si la cicatrice est située sous le sein. En cas de cicatrice aréolaire, l’allaitement et la sensibilité de l’aréole (notamment sur le plan érogène) peuvent être perdus partiellement, voire totalement dans de rares cas.
Maladies auto-immunes :
Les très nombreux travaux scientifiques internationaux réalisés à grande échelle sur ce sujet ont unanimement apporté la preuve qu'il n'y a pas plus de risque de survenue de ce type de maladies rares, chez les patientes porteuses d'implants, en particulier en silicone, que dans la population féminine générale.
Prothèses et cancer :
- L’incidence des cancers du sein les plus fréquents (adénocarcinomes) n'est pas augmentée par la mise en place de prothèses mammaires. Cependant, dans le cadre du dépistage du cancer après implantation, l'examen clinique et la palpation peuvent être perturbés. De même, la présence des implants peut gêner la réalisation et l'interprétation des mammographies de dépistage à faire régulièrement. Il faudra donc systématiquement préciser que vous êtes porteuses d'implants mammaires. Ainsi, certaines techniques radiologiques spécialisées (incidences particulières, images numérisées, échographie, IRM, etc.) pourront être utilisées en fonction des cas.
- Le Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules (LAGC) associé aux implants mammaires est une entité clinique qui est observée très exceptionnellement depuis 2010 (environ 1 cas sur 10000). Cette pathologie est très majoritairement liée aux implants à surface macro-texturée (rugueuse) qui ont été retirés du marché depuis 2019. Elle s'accompagne quasiment toujours de symptômes évidents (épanchement péri-prothétique récidivant, rougeur du sein, augmentation importante du volume du sein, masse perceptible). Dans près de 90% des cas, cette entité est de très bon pronostic et guérit avec l'ablation de la prothèse et de la capsule péri-prothétique.
Durée de vie des implants :
Même si on peut voir certaines patientes conserver leurs implants plusieurs décennies sans modification majeure, il ne faut pas considérer la mise en place de prothèses mammaires comme quelque chose de définitif. Ainsi, une patiente porteuse d'implants peut s'attendre à devoir un jour remplacer ses prothèses afin que l'effet bénéfique soit maintenu. Les implants, quels qu'ils soient, ont une espérance de vie incertaine qu'il est impossible d'estimer précisément puisqu'elle dépend de phénomènes d'usure de vitesse variable. La durée de vie des implants ne peut donc en aucun cas être garantie. En moyenne, elle est estimée aux alentours de 10 à 15 ans. Il faut noter toutefois que les implants de nouvelle génération ont fait de gros progrès en terme de résistance et de fiabilité. À partir de la dixième année, il faudra se poser la question du changement de prothèses si apparaît une modification de consistance ou de forme du sein.
Surveillance :
Il est essentiel de se soumettre aux visites de contrôle prévues par votre chirurgien dans les semaines puis les mois qui suivent l'implantation. Ultérieurement, la présence des implants ne soustrait pas à la surveillance médicale habituelle (suivi gynécologique et dépistage du cancer du sein), même si elle ne nécessite pas de faire réaliser des examens en plus de ceux liés à cette surveillance classique. Il est pour autant indispensable de spécifier aux différents médecins intervenant que vous êtes porteuse de prothèses mammaires.
Une consultation de surveillance, spécifique aux implants, auprès de votre chirurgien plasticien est conseillée tous les deux à trois ans, mais en dehors de ce suivi, il est surtout fondamental de venir consulter dès qu'une modification d'un ou des deux seins est détectée ou après un traumatisme violent.
L'échographie mammaire est un examen non irradiant et globalement performant pour juger de l'intégrité de la prothèse. Une échographie identifiant une anomalie sera le plus souvent complétée par une IRM afin de la certifier.
Le changement prothétique n'est envisagé qu'en cas d'anomalie clinique ou radiologique ou encore à la demande de la patiente. Il n'est pas systématique, même 15 ans après la chirurgie si aucune modification majeure ou complication ne surviennent.
LES COMPLICATIONS
Une augmentation mammaire par prothèses, bien que réalisée pour des motivations essentiellement esthétiques, n'en reste pas moins une véritable intervention chirurgicale, ce qui implique des risques inhérents à tout acte médical, notamment soumis aux aléas liés aux tissus vivants dont les réactions ne sont jamais entièrement prévisibles.
Il convient de distinguer les complications liées à l'anesthésie de celles liées au geste chirurgical :
- En ce qui concerne l'anesthésie, lors de la consultation préopératoire obligatoire, le médecin anesthésiste informera lui-même la patiente des risques. Il faut savoir que l'anesthésie, quelle qu'elle soit, induit dans l'organisme des réactions parfois imprévisibles. Toutefois, en ayant recours à un anesthésiste-réanimateur compétent, exerçant dans un contexte réellement chirurgical, les risques encourus sont devenus statistiquement très faibles. Il faut en effet garder à l'esprit que les techniques, les produits anesthésiques et les méthodes de surveillance ont fait d'immenses progrès ces trente dernières années, offrant des conditions de sécurité rigoureuses, surtout quand l'intervention est réalisée en dehors de l'urgence et chez une personne en bonne santé,
- En ce qui concerne le geste chirurgical, la grande majorité des changements d'implants mammaires réalisés dans les règles se passe sans aucun problème, les suites opératoires sont simples et les patientes sont satisfaites de leur résultat. Cependant, il peut parfois exister des complications au décours de l'intervention, certaines inhérentes au geste chirurgical mammaire et d'autre spécifiquement liées aux implants.
Complications inhérentes au geste chirurgical mammaire :
- Épanchements : accumulation de liquide lymphatique autour de la prothèse, le plus souvent résorbée en quelques jours/semaines, sans séquelles esthétiques,
- Infection précoce : rare, il convient de distinguer l’infection de la peau autour de la cicatrice, généralement traitée par la prise d’antibiotiques durant 15 jours, d’une infection de la prothèse pouvant entraîner le retour au bloc opératoire pour changement d’implant ou dépose sans remplacement en cas de conditions locales défavorables, avec repose à 6 mois.
- Infection tardive « à bas bruit » : il s'agit d'une infection avec peu de symptômes et sans traduction évidente à l'examen, qui peut survenir parfois plusieurs années après l'implantation,
- Hématome : l'accumulation de sang autour de la prothèse est une complication rare mais précoce pouvant survenir au cours des premières heures. S'il est important, une reprise au bloc opératoire est alors préférable afin d'évacuer le sang et de stopper le saignement à son origine,
- Nécrose cutanée : consécutive à un manque d'oxygénation tissulaire dû à une insuffisance d'apport sanguin, qui peut être favorisée par une tension excessive, un hématome, une infection et/ou surtout par le tabagisme. Il s'agit d'une complication très rare mais redoutée car, à l'extrême, elle peut localement mettre à nu la prothèse, notamment par une désunion des sutures. Une reprise chirurgicale s'impose alors, avec parfois la nécessité de retirer l’implant provisoirement sans le remplacer.
- Anomalies de cicatrisation : le processus de cicatrisation mettant en jeu des phénomènes assez aléatoires, il arrive parfois que les cicatrices ne soient pas, à terme, aussi discrètes qu'escompté, pouvant alors prendre des aspects très variables : élargies, rétractiles, adhérentes, hyper ou hypopigmentées, hypertrophiques (boursouflées), voire exceptionnellement chéloïdes, de manière imprévisible, malgré des précautions chirurgicales optimales.
- Altération de la sensibilité : elle est fréquente les premiers mois mais finit le plus souvent par régresser. Cependant, un certain degré de dysesthésie (diminution ou exagération de la sensibilité au toucher) peut persister, en particulier au niveau de l'aréole et du mamelon, le plus souvent sans conséquence sur la qualité de vie.
- Pneumothorax : rare et généralement minime, il bénéficiera d'un traitement spécifique par drainage si important.
Risques spécifiquement liés aux implants :
- Formation de « plis » ou aspect de « vagues » : les implants étant souples, il est possible que leur enveloppe se plisse et que ces plis soient perceptibles au toucher, voire même visibles sous la peau dans certaines positions, donnant alors un aspect de vagues. Ce phénomène survient surtout chez des patientes minces à la peau fine. Une intervention de lipomodelage peut parfois être proposée. Elle consiste à apposer une fine couche de graisse sous la peau du sein afin de « camoufler » l'implant.
- Coque : la réaction physiologique, normale et constante de l'organisme humain en présence d'un corps étranger, est de l'isoler des tissus environnants en constituant une membrane hermétique qui va entourer l'implant et qu'on appelle « capsule périprothétique ». Normalement, cette membrane est fine, souple et imperceptible, mais il arrive que la réaction s'amplifie et que la capsule s'épaississe, devienne fibreuse et se rétracte en comprimant l'implant, prenant alors le nom de « coque ». Selon l'intensité du phénomène, il peut en résulter : un simple raffermissement du sein, une constriction parfois gênante, voire une déformation visible avec ascension de la prothèse aboutissant à l'extrême à une sphère dure, douloureuse, plus ou moins excentrée. Cette fibrose rétractile est parfois secondaire à un hématome ou une infection, mais la plupart du temps sa survenue reste imprévisible, résultant de réactions organiques aléatoires, et toujours favorisée par le tabac. De gros progrès ont été réalisés ces dernières années en matière de techniques chirurgicales, mais surtout de conception et de constitution des implants aboutissant à une diminution sensible du taux de coques et de leur intensité. Même si le changement de prothèses mammaires est souvent réalisé pour cette raison, la récidive de la coque peut être constatée, selon un certain délai postopératoire restant variable, et le cas échéant, imposer à nouveau une réintervention. Celle-ci devra alors considérer l’option de ne plus remettre d’implants.
- Rupture : une perte d'étanchéité de l'enveloppe peut survenir après plusieurs années. Il peut s'agir d'une simple porosité, d'ouvertures punctiformes, de micro-fissurations, voire de véritables brèches. Cela peut être, très rarement, la conséquence d'un traumatisme violent ou d'une piqûre accidentelle et, beaucoup plus souvent, le résultat d'une usure progressive de la paroi due à l'ancienneté. Dans tous les cas, il en résulte une issue possible du produit de remplissage de la prothèse, le silicone, restant contenu au sein de la membrane qui isole la prothèse. Cela peut alors favoriser l'apparition d'une coque, mais peut aussi rester sans conséquence et passer totalement inaperçu. Dans certains cas devenus plus rares, on peut assister à une pénétration progressive du gel dans les tissus environnants ou les ganglions de l’aisselle (siliconome). La rupture prothétique impose une réintervention visant à changer les implants.
- Rotation/Retournement : la rotation de la prothèse n’entraîne aucune déformation du fait de sa forme ronde. Relativement rare, le retournement (recto/verso) d'un implant reste théoriquement possible et peut affecter le résultat esthétique. Il est le plus souvent corrigé manuellement sans nécessiter de chirurgie mais peut récidiver et indiquer alors une réintervention.
- Sérome tardif péri-prothétique : dans de très rares cas, une accumulation liquidienne peut survenir tardivement autour de la prothèse. Un tel épanchement tardif, a fortiori s'il est associé à d'autres anomalies cliniques du sein, impose de faire réaliser un bilan sénologique auprès d'un radiologue spécialisé pour réaliser une ponction sous échographie à des fins d'analyses. En cas de masse mammaire ou d'épanchement récidivant, une exploration chirurgicale permettra une analyse histologique de la capsule péri-prothétique afin d'éliminer un exceptionnel Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM).
- Syndrome ASIA : le syndrome Asia (Syndrome Auto-Inflammatoire induit par les Adjuvants) est un syndrome rare, caractérisé par des symptômes généraux, variés et diffus, sans étiologie précise connue. Aucune preuve scientifique n'a été apportée quant à un lien précis entre les prothèses mammaires et la survenue de ce syndrome. Il pourrait s'agir d'une coïncidence de la survenue d'un syndrome de type fibromyalgique chez des patientes porteuses de prothèses mammaires.
- Red Breast Syndrome : survenant dans les jours/semaines suivant la chirurgie, il s’agit de l’apparition sur un sein ou les deux, de rougeur, gonflement, douleurs, le tout mimant une infection, mais sans inflammation à la prise de sang, ni présence de fièvre. Ce syndrome est régressif spontanément, et peut parfois bénéficier d’un traitement antibiotique en cas de doute avec une infection.
Au total il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement prendre conscience qu'une intervention chirurgicale, même apparemment simple, comporte toujours une part d'aléas.
Le recours à un Chirurgien Plasticien qualifié comme le Dr David Ganon permet de bénéficier de la formation et de la compétence requises pour limiter les complications et les prendre en charge le cas échéant.
LA QUESTION DU TABAC
Les données scientifiques sont unanimes quant aux effets néfastes de la consommation tabagique dans les semaines entourant une intervention chirurgicale. Ces effets sont multiples et peuvent entraîner des complications cicatricielles majeures, des échecs de la chirurgie et favoriser l'infection des implants mammaires. Le tabac peut être aussi responsable de complications respiratoires ou cardiaques durant l'anesthésie.
Dans cette optique, un arrêt complet du tabac est demandé au moins 6 semaines avant l'intervention et jusqu'à 6 semaines après. La cigarette électronique doit être considérée de la même manière.
Si vous fumez, parlez-en à votre chirurgien et à votre anesthésiste. Une prescription de substituts nicotiniques pourra ainsi vous être proposée. Vous pouvez également obtenir de l'aide auprès de Tabac-Info-Service (3989) pour vous orienter vers un sevrage tabagique éventuellement avec un tabacologue.
POUR ALLER PLUS LOIN
Le changement de prothèses reprend les principes de l'augmentation mammaire par prothèses. Lorsque la peau s'est distendue avec le temps, il s'accompagne d'un lifting : c'est la plastie-prothèses. La mastectomie préventive obéit, elle, à une tout autre logique.
Fatigue, douleurs articulaires après la pose de prothèses ? Voir syndrome ASIA et prothèses mammaires : ce que l'on sait, et pourquoi aucune prise de sang ne permet de le diagnostiquer.
À lire aussi : la publication du Dr Ganon sur la prévention de la récidive de la coque.
Consulter le Dr David Ganon
Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart (mardi et mercredi), et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire (vendredi). Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.
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Pour toute intervention de chirurgie esthétique, un devis détaillé vous est remis en consultation, puis un délai de réflexion d’au moins 15 jours est respecté avant l’intervention.
Photos avant / après : Changement de prothèses mammaires
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE CHANGEMENT DE PROTHÈSES MAMMAIRES :
Pour quelles raisons change-t-on des prothèses mammaires ?
Le changement de prothèses mammaires est une chirurgie fréquente, réalisée en France depuis plus de 50 ans. Les motifs sont très variés : ancienneté des implants, avec ou sans rupture, contracture de la capsule péri-prothétique formée par l’organisme en réaction au corps étranger qu’est l’implant (la « coque »), souhait d’un accroissement ou d’une diminution du volume prothétique, ou encore changement de loge de l’implant, rétro ou pré-pectorale.
Que faire en cas de prothèse mammaire percée ?
Une perte d’étanchéité de l’enveloppe, ou rupture, peut survenir après plusieurs années, le plus souvent par usure progressive de la paroi, très rarement à la suite d’un traumatisme violent ou d’une piqûre accidentelle. Elle peut passer totalement inaperçue ou favoriser l’apparition d’une coque : il est donc fondamental de consulter dès qu’une modification d’un ou des deux seins est détectée, l’échographie, complétée si besoin par une IRM, permettant de juger de l’intégrité de la prothèse. La rupture prothétique impose une réintervention visant à changer les implants ; un lavage de la loge est alors systématiquement réalisé afin d’enlever le silicone qui pourrait s’y trouver, et une déclaration de pharmacovigilance est effectuée.
Qu’est-ce qu’une coque, et comment la reconnaître ?
L’organisme isole toujours l’implant en formant autour de lui une membrane, la capsule périprothétique, normalement fine, souple et imperceptible. Il arrive qu’elle s’épaississe, devienne fibreuse et se rétracte en comprimant l’implant : c’est la « coque ». Selon son intensité, elle se traduit par un simple raffermissement du sein, une constriction parfois gênante, voire une déformation visible avec ascension de la prothèse, jusqu’à une sphère dure et douloureuse. Le changement de prothèses est souvent réalisé pour cette raison, mais la coque peut récidiver ; une nouvelle réintervention doit alors considérer l’option de ne plus remettre d’implants.
Puis-je faire retirer mes implants sans les faire remplacer ?
Certaines patientes ne souhaitent pas de repose d’implant, estimant qu’une repose accentuera les risques d’une réintervention. Il s’agira alors le plus souvent, au cours de la même intervention, de traiter la ptôse associée, c’est-à-dire la distension cutanée avec chute du sein. Il peut aussi s’agir d’une ablation d’implants avec greffe adipeuse, utilisant votre propre graisse qui, une fois purifiée, est réinjectée pour remplacer le volume laissé par la prothèse retirée.
Comment se déroule le retrait des implants ?
Plusieurs voies d’abord sont possibles : la cicatrice initiale peut être reprise, ou une nouvelle cicatrice être créée, par voie aréolaire ou par voie sous-mammaire, la voie axillaire étant aujourd’hui abandonnée. En passant par ces incisions, les implants sont retirés puis analysés : forme, taille, intégrité. En cas de rupture d’implant, un lavage de la loge est systématiquement réalisé afin d’enlever le silicone qui pourrait s’y trouver, et une déclaration de pharmacovigilance est effectuée. En l’absence de rupture, les prothèses sont explantées sans déclaration ; si vous souhaitez récupérer vos prothèses, la demande doit être faite avant l’intervention.
Que fait-on de la capsule formée autour de l’implant ?
L’intégrité de la capsule, son épaisseur et sa consistance sont analysées pendant l’intervention. Si elle est de bonne qualité, aucun geste ne la concerne ; si elle doit être assouplie, une capsulotomie est réalisée, par sections transverses de la capsule qui est conservée ; si elle est pathologique, une capsulectomie partielle ou totale est réalisée, avec envoi systématique en analyse au laboratoire. Cet acte d’exérèse entraîne des risques de saignement et des douleurs, avec souvent la mise en place de drains, et il existe un risque de récidive d’une capsule pathologique. La capsulectomie peut être programmée à l’avance lors de la consultation préopératoire, ou décidée pendant l’intervention si l’état de la capsule le nécessite, ce risque peropératoire vous ayant alors été signalé en consultation.
Peut-on changer la position des implants ?
Deux positionnements sont possibles : pré-musculaire, les prothèses étant placées directement derrière la glande, en avant des muscles pectoraux, ou rétro-musculaire, les prothèses étant placées plus profondément, en arrière des muscles pectoraux. En cas de capsulectomie ou de difficultés liées à une peau très fine, un changement de loge musculaire peut être décidé lors de la consultation préopératoire ou pendant la chirurgie. L’emplacement des cicatrices, le type et la taille des nouveaux implants, la nécessité éventuelle d’une capsulotomie et le changement de position sont pré-déterminés avant l’intervention.
Quelle anesthésie est utilisée et combien de temps dure l’intervention ?
Il s’agit d’une anesthésie générale classique, durant laquelle vous dormez complètement. En fonction de la voie d’abord et de la nécessité éventuelle d’actes complémentaires associés, l’intervention peut durer une à deux heures.
Dois-je rester hospitalisée plusieurs jours ?
L’intervention justifie une hospitalisation d’une nuit à la clinique, avec une sortie le lendemain de l’intervention.
Comment dois-je me préparer à l’intervention ?
Un interrogatoire et un examen attentif sont réalisés par le Dr David Ganon, qui prend en compte tous les paramètres faisant de chaque patiente un cas particulier. Un bilan sanguin préopératoire est réalisé et le médecin anesthésiste est vu en consultation au plus tard 48 heures avant l’intervention ; un bilan radiologique du sein, mammographie et échographie, est prescrit pour les patientes âgées d’au moins 30 ans. Aucun médicament contenant de l’aspirine, anti-inflammatoire ou anti-coagulant ne doit être pris dans les cinq jours précédant l’opération, et il faut rester à jeun six heures avant l’intervention. Un arrêt complet du tabac est demandé au moins 6 semaines avant l’intervention et jusqu’à 6 semaines après.
Quelle douleur après un changement de prothèses mammaires, et quels soins prévoir ?
Les suites peuvent parfois être douloureuses les premiers jours, notamment lorsque les implants sont de volume important ; il s’agit principalement d’une sensation de tension dans la poitrine, traitée par des antalgiques prescrits pendant quelques jours. Un œdème, des ecchymoses et une gêne à l’élévation des bras sont fréquents les premières semaines. Le pansement est à changer tous les jours pendant 10 jours, les soins pouvant être plus longs en cas de cure de ptôse associée, et le fil de suture coulissant est retiré au 10e jour postopératoire. Un soutien-gorge avec contenseur est recommandé nuit et jour pendant 6 semaines. Un assouplissement quotidien de la poitrine est recommandé une fois la cicatrisation obtenue, à six semaines, et ce à vie, afin d’entretenir une capsule souple et d’éviter sa rétractation.
Quand puis-je reprendre le travail et le sport ?
Il convient d’envisager une convalescence avec interruption de l’activité professionnelle de 2 semaines en cas de travail sédentaire, et de 6 semaines en cas de travail physique. L’activité sportive ne doit pas être pratiquée durant 6 semaines.
Quand le résultat est-il définitif ?
Un délai de trois à six mois est nécessaire pour apprécier le résultat définitif : c’est le temps nécessaire pour que les seins aient retrouvé toute leur souplesse et que les prothèses se soient stabilisées. L’intervention permet une amélioration du volume et de la forme de la poitrine, les cicatrices étant habituellement très discrètes. La suppression d’une coque entraîne un confort immédiat au niveau de la poitrine, en supprimant cette sensation de tension gênante au quotidien. Indépendamment de la durée de vie des prothèses et sauf variation importante de poids, le volume des seins reste stable à long terme.
Puis-je envisager une grossesse et allaiter ?
Après la mise en place de prothèses mammaires, une grossesse est envisageable sans risque particulier connu, ni pour la patiente ni pour l’enfant, mais il est recommandé d’attendre au moins six mois après l’intervention. L’allaitement n’est pas non plus dangereux et reste possible si la cicatrice est située sous le sein. En cas de cicatrice aréolaire, l’allaitement et la sensibilité de l’aréole, notamment sur le plan érogène, peuvent être perdus partiellement, voire totalement dans de rares cas.
Faudra-t-il changer à nouveau les implants, et comment sont-ils surveillés ?
Les implants, quels qu’ils soient, ont une espérance de vie incertaine, impossible à estimer précisément puisqu’elle dépend de phénomènes d’usure de vitesse variable, et leur durée de vie ne peut en aucun cas être garantie ; en moyenne, elle est estimée aux alentours de 10 à 15 ans. À partir de la dixième année, il faudra se poser la question du changement de prothèses si apparaît une modification de consistance ou de forme du sein. Une consultation de surveillance spécifique aux implants auprès de votre chirurgien plasticien est conseillée tous les deux à trois ans, mais il est surtout fondamental de consulter dès qu’une modification d’un ou des deux seins est détectée, ou après un traumatisme violent. L’échographie mammaire est un examen non irradiant et globalement performant pour juger de l’intégrité de la prothèse, une anomalie identifiée étant le plus souvent confirmée par une IRM. Le changement prothétique n’est envisagé qu’en cas d’anomalie clinique ou radiologique, ou à la demande de la patiente : il n’est pas systématique, même 15 ans après la chirurgie, si aucune modification majeure ou complication ne survient.
Le syndrome ASIA est-il une raison de retirer ses prothèses ?
Le syndrome ASIA est un syndrome rare, caractérisé par des symptômes généraux, variés et diffus, sans cause précise connue ; aucune preuve scientifique n’a été apportée quant à un lien précis avec les prothèses mammaires. Le changement ou le retrait des implants, avec ou sans remplacement, peut être envisagé en cas d’anomalie clinique ou radiologique, ou à la demande de la patiente. Ce que l’on sait de ce syndrome, et pourquoi aucune prise de sang ne permet de le diagnostiquer, est expliqué sur la page syndrome ASIA et prise de sang.
Quel est le prix d’un changement de prothèses mammaires ?
Le tarif affiché par le Dr David Ganon pour un changement de prothèses mammaires est de 4 480 €, ou de 3 000 € : tarif applicable lorsque l’intervention peut être prise en charge par l’Assurance maladie, selon l’indication médicale. Ces prix sont tout compris : honoraires du chirurgien, frais de clinique et honoraires de l’anesthésiste ; le montant exact figure sur le devis détaillé remis en consultation. La première consultation est facturée 100 € et les consultations de suivi ne sont pas facturées. Pour une première pose d’implants, voir la page prix d’une augmentation mammaire à Paris.
Un changement de prothèses mammaires peut-il être remboursé par la Sécurité sociale ?
Si elles existent, les conditions de prise en charge de cette intervention par l’Assurance-Maladie vous seront précisées par le Dr David Ganon. En dehors de ces situations, l’intervention relève du cadre de la chirurgie esthétique rappelé ci-dessous.
Le cadre légal de votre intervention
La chirurgie esthétique est encadrée par l'article L.6322-2 du code de la santé publique. Un devis détaillé et personnalisé vous est remis lors de la consultation, et un délai de réflexion de quinze jours doit obligatoirement s'écouler entre la remise de ce devis et l'intervention. Aucun acompte ne peut être demandé durant ce délai. Ce temps vous appartient : il est fait pour que vous puissiez revenir sur votre décision, poser d'autres questions, ou consulter un autre praticien.
Qui réalise l'intervention ?
Le Dr David Ganon est chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique auprès du Conseil de l'Ordre des médecins. Ancien interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris, il est praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis.