
Mélanome : exérèse chirurgicale et reconstruction à Paris 8e
Rédigé et relu par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
Mis à jour le 15 octobre 2026
En bref : le mélanome est le plus grave des cancers de la peau, mais il est de pronostic favorable lorsqu'il est retiré tôt. Son diagnostic et son suivi relèvent du dermatologue et de l'équipe d'oncologie, qui décident du traitement en réunion de concertation pluridisciplinaire. Le chirurgien plasticien réalise l'exérèse large, avec les marges recommandées selon l'épaisseur de la tumeur, puis la reconstruction par suture, greffe ou lambeau. La recherche du ganglion sentinelle, lorsqu'elle est indiquée, est réalisée en centre spécialisé.
QU'EST-CE QU'UN MÉLANOME ?
Le mélanome est un cancer qui se développe à partir des mélanocytes, les cellules qui fabriquent le pigment de la peau. Beaucoup moins fréquent que les carcinomes, c'est le plus grave des cancers cutanés en raison de son potentiel métastatique : il peut atteindre les ganglions, puis d'autres organes. L'Institut national du cancer estime à 17 922 le nombre de nouveaux cas en France en 2023.
Il apparaît le plus souvent sous la forme d'une petite tache pigmentée nouvelle, sur une peau saine, ou par la modification d'un grain de beauté préexistant. Toutes les parties du corps peuvent être atteintes, y compris le cuir chevelu, les muqueuses et les conjonctives.
Les facteurs de risque sont l'exposition au soleil et aux UV artificiels, en particulier les coups de soleil, une peau claire qui bronze peu, de nombreux grains de beauté ou des grains de beauté atypiques, des antécédents personnels ou familiaux — environ 10 % des mélanomes sont des formes familiales — et une immunodépression.
Détecté tôt, le mélanome est de pronostic favorable après exérèse chirurgicale : la survie nette à cinq ans est de 93 %, tous stades confondus (Institut national du cancer), et de 98 % au stade localisé (fiche repère « Détection précoce des cancers de la peau »).
GRAIN DE BEAUTÉ SUSPECT : LA RÈGLE ABCDE
Un grain de beauté doit être montré à un médecin lorsqu'il présente l'un des signes de la règle « ABCDE » (ameli.fr) :
- A comme asymétrie : ses deux moitiés ne se ressemblent pas ;
- B comme bords : ses contours sont irréguliers et mal délimités ;
- C comme couleur : il présente plusieurs couleurs (noir, marron, rouge, blanc ou bleu) ;
- D comme diamètre : il mesure plus de 6 mm ;
- E comme évolution : il grossit, change d'épaisseur ou de couleur.
Un ou plusieurs de ces signes ne signifient pas qu'il s'agit d'un mélanome, mais justifient un avis médical sans attendre, de même qu'une lésion nouvelle, différente des autres. Les grains de beauté difficiles à surveiller — plante du pied, dos, cuir chevelu, muqueuses — peuvent être retirés à titre préventif : voir la page retrait d'un grain de beauté.
DU DIAGNOSTIC À L'OPÉRATION
Devant une lésion suspecte, le médecin traitant adresse au dermatologue, qui l'examine au dermatoscope, un appareil optique grossissant qui améliore la distinction entre lésions bénignes et suspectes (ameli.fr). Le diagnostic repose ensuite sur l'exérèse de la lésion en totalité, le plus souvent sous anesthésie locale, et sur son analyse au laboratoire d'anatomopathologie : seule cette analyse confirme ou non le mélanome.
L'examen au microscope précise le type de mélanome et surtout son épaisseur, mesurée en millimètres : c'est l'indice de Breslow, dont dépendent le stade, le pronostic et les traitements. Un bilan complémentaire (bilan sanguin, échographie des ganglions, parfois scanner) est demandé selon le stade.
La situation de chaque patient est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui réunit au moins trois médecins de spécialités différentes et s'appuie sur les recommandations de bonnes pratiques pour proposer le traitement (Institut national du cancer). Le chirurgien plasticien intervient dans ce cadre : il réalise l'exérèse large et la reconstruction demandées par l'équipe qui suit le patient, tandis que le dermatologue ou l'oncologue assure le suivi.
L'EXÉRÈSE LARGE ET LES MARGES
La chirurgie est le traitement recommandé des mélanomes localisés, de stades I et II (Institut national du cancer). Lorsque le diagnostic est confirmé, une seconde intervention, l'exérèse élargie ou reprise d'exérèse, retire une marge de peau saine autour de la cicatrice de la première exérèse. Elle est réalisée en fonction de l'indice de Breslow, même si la première exérèse était complète (guide HAS-INCa « Mélanome cutané » (2012)).
La largeur de la marge dépend de l'épaisseur du mélanome. Les recommandations de la Société française de dermatologie (2016) retiennent une marge de 0,5 cm pour un mélanome in situ, de 1 cm jusqu'à 1 mm d'épaisseur, de 1 à 2 cm entre 1 et 2 mm, et de 2 cm au-delà de 2 mm. Ces marges sont mesurées lors de l'intervention et peuvent être adaptées à la localisation. En pratique, le Dr David Ganon retire le mélanome avec des marges de sécurité de 5 mm à 2 cm selon le cas.
La recherche du ganglion sentinelle — le premier ganglion qui draine la zone du mélanome — est indiquée pour les mélanomes d'épaisseur égale ou supérieure à 1 mm, et peut être proposée entre 0,8 et 1 mm (Institut national du cancer). Elle se fait sous anesthésie générale, dans le même temps que l'exérèse élargie, par une équipe entraînée, après repérage du ganglion par un traceur : elle relève d'un centre spécialisé et ne fait pas partie des gestes réalisés par le Dr Ganon. Selon l'épaisseur du mélanome et l'atteinte des ganglions, un traitement complémentaire (curage ganglionnaire, immunothérapie, thérapie ciblée) peut être proposé par l'équipe d'oncologie.
LA RECONSTRUCTION
La zone retirée est refermée, chaque fois que c'est possible, par une suture directe dans l'axe des lignes de moindre tension, le cas le plus fréquent sur le dos ou le ventre. Lorsque la perte de substance est large, ou siège sur le visage, une jambe ou une main, la couverture est assurée par une greffe de peau prélevée sur le patient lui-même, par une cicatrisation dirigée sous pansements ou, plus rarement, par un lambeau local (Institut national du cancer, « L'exérèse chirurgicale de sécurité »).
La reconstruction se fait en général dans le même temps opératoire, ou quelques jours plus tard lorsque les marges doivent être vérifiées avant de refermer. Sur le visage, le choix de la technique obéit aux principes détaillés sur la page lambeaux et greffes de la face.
SUITES ET CICATRICE
Sous anesthésie locale, l'exérèse dure en général moins d'une heure et ne nécessite pas d'hospitalisation. Les suites se limitent le plus souvent à un inconfort et à une sensation de tension, parfois un gonflement et de petits bleus dans les 48 premières heures. Les fils non résorbables sont retirés entre le 5e et le 15e jour selon la zone. Aucun médicament contenant de l'aspirine dans les 5 jours qui précèdent ; arrêt du tabac six semaines avant et après.
La cicatrice, plus longue que la lésion initiale du fait de la marge et du fuseau, est d'abord rouge ou rosée, puis s'éclaircit et s'assouplit au-delà du troisième mois ; son aspect définitif s'apprécie à un an. Un écran total est conseillé durant un an et demi. Une cicatrice élargie ou épaissie peut faire l'objet d'une reprise de cicatrice une fois arrivée à maturité.
SURVEILLANCE
Le suivi d'un mélanome est organisé par le dermatologue ou l'oncologue, selon le stade. Le guide HAS-INCa « Mélanome cutané » (2012) prévoit un examen clinique complet tous les six mois pendant cinq ans, puis tous les ans, pour un mélanome de stade I ; tous les trois mois pendant cinq ans, puis tous les ans, pour les stades II et III, avec selon les cas une échographie des aires ganglionnaires. Ce suivi se poursuit à vie.
Il comprend l'auto-examen de la peau, la surveillance des grains de beauté et une protection solaire rigoureuse. Le chirurgien revoit, lui, l'évolution de la cicatrice lors des consultations de suivi, qui ne sont pas facturées.
PRISE EN CHARGE ET TARIF
L'exérèse d'un mélanome est un acte thérapeutique pris en charge par la Sécurité sociale, de même que la reconstruction par greffe ou lambeau, qui relève de la chirurgie réparatrice. Le mélanome relève par ailleurs des affections de longue durée (ALD n° 30), dont les modalités sont précisées par votre caisse d'Assurance maladie.
Le Dr David Ganon exerçant en secteur 2, un dépassement d'honoraires s'applique : « Dépassement 350 € sur la base de la prise en charge » pour l'exérèse d'une tumeur cutanée, et tarif de 500 € pour la reconstruction par greffe ou lambeau, applicable lorsque l'intervention peut être prise en charge par l'Assurance maladie. Ce dépassement n'est pas remboursé par l'Assurance maladie (ameli.fr) ; une complémentaire santé peut en prendre une partie en charge selon le contrat. Il figure sur le devis remis en consultation ; le détail est sur la page tarifs et remboursement de la chirurgie dermatologique.
QUI OPÈRE, OÙ
Le chirurgien. L'exérèse large d'un mélanome et sa reconstruction sont réalisées par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien, spécialiste qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (Ordre des médecins de Paris, n° 75/92735), ancien interne et chef de clinique des Hôpitaux de Paris, praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis, membre de la SOFCEP et du SNCPRE.
Le lieu. Sous anesthésie locale, l'intervention est réalisée au cabinet, 10 rue Quentin Bauchart, Paris 8e (métro George V), sans hospitalisation ; lorsqu'une reconstruction étendue justifie une sédation ou une anesthésie générale, elle a lieu à la Clinique Monceau (Paris 17e), l'intervention étant prise en charge par la Sécurité sociale. Les consultations pour une tumeur cutanée ont lieu uniquement au cabinet de Paris 8e.
Ses publications. Ses publications scientifiques sont listées sur le site.
POUR ALLER PLUS LOIN
Les principes communs à toutes les exérèses sont réunis sur la page chirurgie des tumeurs cutanées ; le cancer de la peau le plus fréquent a sa page : le carcinome basocellulaire. Voir aussi le retrait d'un grain de beauté et les lambeaux et greffes de la face.
À lire aussi : la reprise de cicatrice et les tarifs de la chirurgie dermatologique.
Pour faire examiner une lésion, vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou appeler le 07 83 79 83 71.
Consulter le Dr David Ganon
Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart (mardi et mercredi), et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire (vendredi). Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.
Réserver directement : Paris 8e · Saint-Maur-des-Fossés
Photos avant / après : Mélanome
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE MÉLANOME :
Quel chirurgien opère un mélanome ?
Le diagnostic est posé par le dermatologue, et la stratégie de traitement est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire. Dans ce cadre, l'exérèse large et la reconstruction peuvent être confiées à un chirurgien plasticien : le Dr David Ganon, chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, les réalise à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart, en lien avec l'équipe qui suit le patient. La recherche du ganglion sentinelle relève, elle, d'un centre spécialisé.
Quel délai pour opérer un mélanome ?
Une lésion suspecte doit être retirée rapidement pour être analysée ; le guide HAS-INCa demande que cette exérèse diagnostique soit réalisée sans attendre. Lorsque le mélanome est confirmé, la reprise d'exérèse avec les marges recommandées est programmée après la réunion de concertation pluridisciplinaire. Sous anesthésie locale, elle se fait au cabinet, sans consultation d'anesthésie ni hospitalisation.
Quelles marges pour l'exérèse d'un mélanome ?
Elles dépendent de l'épaisseur du mélanome, mesurée au microscope par l'indice de Breslow. Les recommandations françaises retiennent 0,5 cm pour un mélanome in situ, 1 cm jusqu'à 1 mm d'épaisseur, 1 à 2 cm entre 1 et 2 mm, et 2 cm au-delà de 2 mm. En pratique, le Dr David Ganon retire le mélanome avec des marges de sécurité de 5 mm à 2 cm selon le cas, adaptées à la localisation.
Pourquoi une seconde opération après le retrait d'un grain de beauté ?
Parce que la première exérèse, faite pour analyser la lésion, emporte peu de peau autour. Lorsque l'analyse révèle un mélanome, une reprise d'exérèse retire une marge de peau saine autour de la cicatrice, dont la largeur dépend de l'épaisseur de la tumeur. Elle est réalisée même si la première exérèse était complète, pour enlever d'éventuelles cellules restées à distance de la lésion visible.
Quelle cicatrice après l'exérèse d'un mélanome ?
Une cicatrice nettement plus longue que la lésion initiale, car la marge de sécurité et l'ablation en fuseau agrandissent la zone retirée. Les fils sont retirés entre le 5e et le 15e jour selon la zone. D'abord rouge ou rosée, la cicatrice s'éclaircit au-delà du troisième mois et son aspect définitif s'apprécie à un an ; un écran total est conseillé durant un an et demi.
Comment reconstruit-on la peau après l'exérèse d'un mélanome ?
Par une suture directe chaque fois que c'est possible, le cas le plus fréquent sur le dos ou le ventre. Lorsque la perte de substance est large ou située sur le visage, une jambe ou une main, la couverture fait appel à une greffe de peau prélevée sur le patient, à une cicatrisation dirigée sous pansements ou, plus rarement, à un lambeau local. La reconstruction peut être différée de quelques jours, le temps de vérifier les marges.
L'opération d'un mélanome est-elle remboursée ?
Oui. L'exérèse d'un mélanome et la reconstruction qui peut la suivre sont des actes pris en charge par la Sécurité sociale, et le mélanome relève des affections de longue durée. Le Dr David Ganon exerçant en secteur 2, le tarif est le suivant : « Dépassement 350 € sur la base de la prise en charge » pour l'exérèse, et 500 € pour la reconstruction par greffe ou lambeau. Ce dépassement n'est pas remboursé par l'Assurance maladie ; la mutuelle peut en prendre une partie en charge selon le contrat.
Qu'est-ce que le ganglion sentinelle, et le Dr Ganon le réalise-t-il ?
Le ganglion sentinelle est le premier ganglion qui draine la zone du mélanome. Son prélèvement est indiqué à partir de 1 mm d'épaisseur, parfois dès 0,8 mm, afin de rechercher une atteinte ganglionnaire. Il se fait sous anesthésie générale, après repérage par un traceur, dans le même temps que l'exérèse élargie, par une équipe entraînée en centre spécialisé. Le Dr David Ganon ne réalise pas ce geste : il vous oriente vers l'équipe compétente.
Quel suivi après un mélanome ?
Il est organisé par le dermatologue ou l'oncologue : examen clinique complet tous les six mois pendant cinq ans, puis tous les ans, pour un stade I ; tous les trois mois pendant cinq ans, puis tous les ans, pour les stades II et III, avec selon les cas une échographie des ganglions. Ce suivi se poursuit à vie et s'accompagne d'un auto-examen de la peau et d'une protection solaire rigoureuse.
Un mélanome peut-il être retiré sous anesthésie locale ?
Oui, c'est le cas le plus fréquent : l'exérèse diagnostique comme la reprise d'exérèse se font habituellement sous anesthésie locale, en moins d'une heure, sans hospitalisation. Une sédation ou une anesthésie générale est proposée pour une reconstruction étendue, et elle est nécessaire lorsque le ganglion sentinelle est prélevé dans le même temps, en centre spécialisé.