
Traitement des cernes
GENERALITES
Le cerne désigne la dépression et la coloration qui marquent la jonction entre la paupière inférieure et la joue. Cette région, appelée vallée des larmes ou sillon naso-jugal, est l'une des premières à trahir la fatigue et le vieillissement. Un cerne marqué donne un regard creusé, fatigué ou triste, souvent sans rapport avec l'état réel de la personne.
Plusieurs éléments anatomiques expliquent sa formation. La peau y est la plus fine de l'organisme, ce qui laisse transparaître le réseau vasculaire sous-jacent. Un ligament, le ligament orbito-malaire, amarre solidement la peau à l'os et crée une véritable marche d'escalier entre la paupière et la joue. Avec les années, la graisse profonde de la pommette fond et descend, ce qui accentue le creux, tandis que les poches graisseuses de la paupière peuvent faire saillie juste au-dessus. Le cerne a par ailleurs une composante familiale forte : il apparaît parfois dès l'adolescence, indépendamment de tout vieillissement.
L'injection d'acide hyaluronique est aujourd'hui le traitement de référence du cerne creux. C'est aussi l'une des zones les plus techniques du visage : la peau y est très fine, la vascularisation dense, et la moindre imperfection s'y voit. Elle impose un produit spécifique, peu hydrophile, des volumes très faibles et une injection profonde, au contact de l'os.
LES DIFFÉRENTS TYPES DE CERNES
Tous les cernes ne relèvent pas du même traitement. La consultation a précisément pour objet de faire la part de chaque composante.
- Le cerne creux, ou cerne structurel, correspond à une véritable dépression sous l'œil. C'est la meilleure indication des injections d'acide hyaluronique, comme du lipofilling.
- Le cerne pigmenté, de couleur brune, correspond à un excès de mélanine dans une peau fine. L'acide hyaluronique n'en modifie pas la couleur : il relève des soins dépigmentants, des peelings et d'une protection solaire rigoureuse.
- Le cerne vasculaire, bleuté ou violacé, traduit la transparence du réseau veineux sous une peau très fine. L'injection peut l'atténuer en épaississant le plan sous-cutané, mais l'amélioration reste partielle.
- Les poches graisseuses ne sont pas un cerne mais un excès de graisse orbitaire qui fait saillie. Elles relèvent d'une blépharoplastie inférieure. Injecter sous une poche importante ne fait que l'accentuer.
Le plus souvent, ces mécanismes sont associés chez un même patient, et le traitement doit être combiné.
OBJECTIFS
Le traitement du cerne creux par acide hyaluronique vise à combler la dépression sous-orbitaire, à effacer la marche d'escalier entre la paupière et la joue et à rétablir une continuité harmonieuse entre le regard et la pommette. En supprimant le creux, on supprime l'ombre portée qui assombrit la région : le regard paraît plus reposé et plus ouvert.
Il faut savoir en revanche ce que ce traitement ne fait pas : il n'éclaircit pas une pigmentation brune, il ne retire pas une poche graisseuse, il ne retend pas une peau relâchée et il n'efface pas les ridules de surface, qui relèvent d'autres techniques.
ACIDE HYALURONIQUE OU LIPOFILLING ?
Deux techniques permettent de combler un cerne creux : l'injection d'acide hyaluronique, acte de médecine esthétique, et le lipofilling, ou injection de votre propre graisse, qui est un acte chirurgical. Elles ne s'opposent pas : elles répondent à des situations différentes.
L'acide hyaluronique se pratique au cabinet, en vingt à trente minutes, sans anesthésie ou sous simple crème anesthésiante. Le résultat est immédiat, ajustable et surtout réversible : en cas de résultat imparfait, l'injection de hyaluronidase permet de dissoudre le produit en quelques heures. Il n'y a pas d'éviction sociale. En contrepartie, le résultat est temporaire et doit être entretenu, en moyenne tous les douze à dix-huit mois.
Le lipofilling consiste à prélever de la graisse, le plus souvent à l'abdomen ou à la face interne des genoux, à la purifier puis à la réinjecter en micro-quantités. Il se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale légère. Une partie de la graisse transférée se résorbe dans les mois qui suivent, mais celle qui prend est durablement intégrée : le résultat est stable dans le temps. La graisse apporte en outre des cellules régénératrices qui améliorent la qualité et l'épaisseur de la peau, ce que ne fait pas l'acide hyaluronique. En contrepartie, les suites sont plus longues, avec un œdème et des ecchymoses pendant huit à quinze jours, le résultat est moins prévisible, et une correction secondaire est plus difficile à obtenir puisque la graisse en place ne se dissout pas.
En pratique, l'acide hyaluronique est proposé en première intention devant un cerne creux isolé et modéré, chez un patient qui souhaite un geste simple, sans arrêt d'activité, et qui accepte de le renouveler. Le lipofilling est préféré lorsque la fonte des volumes est globale, intéressant à la fois le cerne, la pommette et la tempe, lorsque la peau est fine et de mauvaise qualité, ou lorsque le patient recherche un résultat durable. Il est alors fréquemment associé, dans le même temps opératoire, à une blépharoplastie inférieure lorsqu'il existe également des poches.
ANESTHÉSIE
Aucune anesthésie n'est nécessaire dans la majorité des cas : les produits utilisés contiennent de la lidocaïne et l'usage d'une micro-canule mousse rend le geste peu douloureux. Chez les patients plus sensibles, une crème anesthésiante peut être appliquée quarante-cinq minutes avant la séance.
L'INJECTION
La séance est précédée d'une consultation d'analyse au cours de laquelle le Dr David Ganon détermine la nature exacte du cerne, la qualité de la peau et le volume nécessaire.
Le visage est démaquillé puis soigneusement désinfecté. L'injection est réalisée à l'aide d'une micro-canule mousse, introduite par un point d'entrée unique situé à distance, ce qui limite considérablement le risque de traumatisme vasculaire. Le produit est déposé dans un plan profond, au contact du périoste, sous le muscle : c'est la condition d'un résultat naturel et d'une absence de transparence.
Les volumes sont faibles, de l'ordre de 0,3 à 0,5 ml par côté, rarement plus de 1 ml au total. La règle est celle de la sous-correction : il vaut toujours mieux compléter quinze jours plus tard que d'avoir à dissoudre un excès. La séance dure vingt à trente minutes.
APRÈS L'INJECTION
La reprise des activités est immédiate. Un œdème modéré est habituel pendant deux à cinq jours. Des ecchymoses sont possibles, la région étant très vascularisée : elles se camouflent aisément et disparaissent en cinq à dix jours.
Il est conseillé de dormir la tête surélevée les premières nuits, d'éviter le sport, l'alcool, l'aspirine, les anti-inflammatoires et l'exposition à la chaleur (soleil, sauna, hammam) pendant quarante-huit heures.
RÉSULTATS
Le résultat s'apprécie à quinze jours, une fois l'œdème résorbé et le produit intégré. Une séance de retouche est parfois prévue à ce moment pour affiner la correction.
La stabilité du résultat est bonne dans cette région peu mobile : elle est en moyenne de douze à dix-huit mois, parfois davantage. Le traitement doit ensuite être renouvelé pour entretenir la correction.
EFFETS INDÉSIRABLES
Les suites habituelles associent œdème, rougeur et ecchymoses, toujours transitoires.
Certaines imperfections sont propres à cette région. Un œdème persistant peut s'observer lorsque le produit choisi est trop hydrophile ou l'injection trop superficielle. Une teinte bleutée, appelée effet Tyndall, peut apparaître si le produit est déposé trop près de la surface. Des irrégularités ou de petits nodules palpables sont possibles. Ces imperfections sont accessibles à l'injection de hyaluronidase, qui dissout le produit.
Les complications sont rares. L'infection est exceptionnelle et évolue favorablement sous antibiotiques ; les granulomes inflammatoires sont exceptionnels avec les acides hyaluroniques. Le risque le plus sérieux, tout à fait exceptionnel mais qui doit être connu, est l'accident vasculaire par injection à l'intérieur d'une artère, susceptible d'entraîner une nécrose cutanée localisée et, très exceptionnellement, une baisse de la vision. C'est précisément la raison pour laquelle cette zone impose une parfaite connaissance de l'anatomie, l'usage de micro-canules, des pressions d'injection faibles et la disponibilité immédiate de hyaluronidase au cabinet.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE TRAITEMENT DES CERNES :
Suis-je un bon candidat ?
Le meilleur candidat est celui qui présente un cerne creux, c'est-à-dire une véritable dépression sous l'œil, avec une peau de bonne qualité et sans poche graisseuse importante. Un cerne uniquement brun ou une poche marquée ne relèvent pas de l'injection. La consultation permet de faire cette distinction, qui conditionne entièrement le résultat.
Quelle différence entre un cerne et une poche ?
Le cerne est un creux, lié à la fonte des volumes et à l'attache ligamentaire de la peau sur l'os. La poche est au contraire une saillie, liée à la hernie de la graisse orbitaire à travers un muscle distendu. On comble un creux, on retire une poche : les deux gestes sont opposés. Lorsqu'ils coexistent, il est souvent préférable de traiter d'abord la poche par une blépharoplastie inférieure.
L'injection efface-t-elle un cerne brun ?
Non. L'acide hyaluronique agit sur le volume, pas sur la couleur. Il supprime l'ombre portée par le creux, ce qui éclaircit visuellement la région, mais il ne modifie pas une hyperpigmentation. Celle-ci relève de soins dépigmentants, de peelings et d'une protection solaire rigoureuse.
Les injections sont-elles douloureuses ?
Elles sont peu douloureuses. Les produits utilisés contiennent un anesthésique local et le geste est réalisé à la micro-canule mousse, non piquante, introduite par un point d'entrée unique. Une crème anesthésiante peut être appliquée au préalable chez les patients sensibles.
Combien de temps dure la séance ?
Vingt à trente minutes, consultation d'analyse comprise. Aucune hospitalisation ni préparation particulière n'est nécessaire.
Quelle quantité de produit faut-il ?
Très peu : de l'ordre de 0,3 à 0,5 ml par côté, rarement plus de 1 ml au total. Dans cette région, la retenue est la règle. Une légère sous-correction, complétée quinze jours plus tard si nécessaire, donne toujours un meilleur résultat qu'un excès de produit.
Puis-je reprendre le travail immédiatement ?
Oui. Il n'y a pas d'éviction sociale. Un œdème modéré est habituel pendant deux à cinq jours et des ecchymoses sont possibles, faciles à camoufler par un maquillage à partir du lendemain.
Quand le résultat est-il définitif ?
À quinze jours environ, le temps que l'œdème disparaisse et que le produit s'intègre aux tissus. Le résultat vu au sortir de la séance n'est donc pas le reflet exact du résultat final.
Combien de temps le résultat dure-t-il ?
En moyenne douze à dix-huit mois, parfois davantage : la région est peu mobile, ce qui ralentit la dégradation du produit. Le traitement doit ensuite être renouvelé pour entretenir la correction.
Que se passe-t-il si le résultat ne me convient pas ?
C'est l'un des avantages majeurs de l'acide hyaluronique : le traitement est réversible. L'injection de hyaluronidase, une enzyme, dissout le produit en quelques heures et permet de revenir à l'état antérieur. Cette possibilité n'existe pas avec la graisse.
Faut-il préférer le lipofilling ?
Cela dépend de la situation. L'acide hyaluronique convient à un cerne creux isolé et modéré, chez un patient qui souhaite un geste simple, immédiat et réversible. Le lipofilling est préféré lorsque la fonte des volumes est globale, lorsque la peau est fine et de mauvaise qualité, ou lorsqu'un résultat durable est recherché ; il suppose en revanche un passage au bloc opératoire, des suites de huit à quinze jours et un résultat moins prévisible, une partie de la graisse se résorbant. Il est souvent associé à une blépharoplastie inférieure lorsqu'il existe aussi des poches.
Peut-on traiter les cernes et les pommettes dans la même séance ?
Oui, et c'est souvent souhaitable. Restaurer d'abord le volume de la pommette redonne un appui à la paupière inférieure et atténue le cerne, ce qui permet ensuite d'injecter moins de produit dans la vallée des larmes. Un traitement par toxine botulique peut également être associé pour la patte d'oie.
Quels effets indésirables et complications sont possibles ?
Les réactions locales sont fréquentes et transitoires : œdème, rougeur, ecchymoses. Peuvent s'observer un œdème persistant, une teinte bleutée appelée effet Tyndall lorsque le produit est trop superficiel, ou de petites irrégularités ; ces imperfections sont corrigibles par la hyaluronidase. L'infection et les nodules inflammatoires sont exceptionnels. Le risque le plus sérieux, tout à fait exceptionnel, est l'injection accidentelle dans une artère, pouvant entraîner une nécrose cutanée localisée et, très exceptionnellement, une atteinte visuelle. L'usage de micro-canules, l'injection profonde à faible pression et l'expérience de l'opérateur réduisent considérablement ce risque.
Le traitement est-il pris en charge par l'assurance maladie ?
Non. Il s'agit d'un acte de médecine esthétique, sans prise en charge par l'assurance maladie ni par les mutuelles. Un devis vous est remis en consultation.
Avant de vous décider
Il s'agit d'un acte de médecine esthétique et non de chirurgie : le délai de réflexion de quinze jours prévu par l'article L.6322-2 du code de la santé publique pour les actes chirurgicaux ne s'y applique pas de plein droit. Une consultation préalable reste indispensable, au cours de laquelle l'indication est posée, les alternatives discutées et un devis remis. Rien ne justifie de réaliser l'acte le jour même de la première consultation, et vous restez libre de prendre le temps de la réflexion.
Qui réalise l'intervention ?
Le Dr David Ganon est chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique auprès du Conseil de l'Ordre des médecins. Ancien interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris, il est praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis.