Actualités

Chaque semaine, une actualité de la chirurgie ou de la médecine esthétique, et ce qu'elle change concrètement pour les patients. Une lecture du Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e.

Étude clinique
16 octobre 2026

La blépharoplastie fait baisser l'âge perçu de près de cinq ans

Une étude parue dans le Journal of Craniofacial Surgery a mesuré, par intelligence artificielle, l'effet d'une blépharoplastie supérieure isolée sur l'âge que l'on donne au visage. Quarante-sept patients opérés entre janvier 2022 et janvier 2025 ont été photographiés avant l'intervention puis trois à six mois après, chaque image étant soumise trois fois au même algorithme. Avant l'opération, l'estimation automatique collait à l'âge réel, avec un écart moyen de 0,19 an. Après, l'algorithme donne 43,74 ans en moyenne contre 48,57 auparavant — soit 4,83 ans de moins (p < 0,001) — et sous-estime désormais l'âge réel de 5,02 ans.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Ce travail met un chiffre sur ce que mes patients me décrivent après l'intervention : non pas un autre visage, mais un regard qui ne dit plus la fatigue. L'intérêt de la méthode tient à son objectivité — la machine, elle, ne cherche pas à faire plaisir.

  • La paupière supérieure porte à elle seule une grande part de l'âge perçu : c'est souvent le geste qui rend le plus pour le moins.
  • Le bénéfice est mesuré entre trois et six mois, le délai où le résultat d'une blépharoplastie est installé.
  • Il s'agit de l'âge lu sur une photographie, non de la satisfaction ressentie : les deux vont le plus souvent ensemble sans se confondre.
  • Le regard se traite dans son ensemble : paupières, cernes et pattes d'oie relèvent de gestes différents et complémentaires.
Journal of Craniofacial Surgery, 27 août 2026
Profession
5 octobre 2026

La chirurgie des paupières, première intervention au monde

L'International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS) a publié le 29 septembre 2026 les résultats de son enquête mondiale portant sur l'année 2025. Elle recense près de 17,9 millions d'interventions chirurgicales et 17,3 millions d'actes non chirurgicaux réalisés par des chirurgiens plasticiens, soit une progression de 9,2 % sur quatre ans. La chirurgie des paupières y figure une nouvelle fois comme l'intervention chirurgicale la plus pratiquée au monde, avec plus de 2,4 millions d'actes, devant la liposuccion, l'augmentation mammaire, le lifting des seins et l'abdominoplastie. Parmi les actes non chirurgicaux, la toxine botulique garde la première place avec 7,3 millions d'actes, suivie de l'acide hyaluronique avec 4,7 millions.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Ce classement recoupe ce que je constate en consultation : le regard est la première demande, et c'est aussi la zone où une intervention courte produit le changement le plus visible. Trois enseignements me paraissent utiles à ceux qui hésitent :

  • La blépharoplastie n'est pas une intervention marginale : c'est le geste de chirurgie esthétique le plus pratiqué sur la planète, avec le recul et la standardisation que cela suppose.
  • Les injections et la chirurgie ne s'opposent pas : la toxine botulique reste de loin l'acte le plus réalisé au monde, et elle complète souvent un geste chirurgical plutôt qu'elle ne le remplace.
  • La place croissante de la chirurgie du visage conforte celle des techniques intermédiaires que je pratique, du lipofilling du visage au lifting cervico-facial (G-Lift), entre l'injection et le lifting classique.
International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS), Global Survey 2025, 29 septembre 2026
Étude clinique
1er octobre 2026

Vieillissement du visage : où la peau se relâche vraiment

L'Aesthetic Surgery Journal a mis en ligne le 30 septembre 2026 un travail de Val Lambros sur le déplacement de la peau du visage avec l'âge, à partir de scanners tridimensionnels de 667 visages — 280 hommes et 387 femmes — répartis en deux groupes, de 25 à 35 ans et de 65 ans et plus. Les cartes vectorielles montrent une peau qui se relâche de haut en bas, mais très inégalement : le haut du visage et la joue, jusqu'à la base du nez, ne bougent presque pas (0 à 2 mm), puis l'étirement augmente progressivement jusqu'à la ligne mandibulaire. L'auteur relève aussi que le recul des lèvres est un déterminant majeur du sillon nasogénien, et que le poids influe fortement sur les vecteurs.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Le vieillissement du visage n'est pas un affaissement uniforme : il se concentre sur l'ovale et le cou, et appelle ailleurs un tout autre registre de gestes.

  • Le haut du visage bouge peu : on le traite par la toxine botulique sur le front et par le lipofilling des tempes, des cernes et des pommettes — pas en remontant la peau. Les paupières sont l'exception : là, c'est la blépharoplastie qui retire l'excès de peau.
  • L'ovale et la mâchoire concentrent l'allongement : c'est la cible logique du lifting cervico-facial (G-Lift), l’intervention que je pratique, ou d'un lifting cervical par radiofréquence pour un relâchement modéré.
  • Le sillon nasogénien ne se résume pas à une joue qui descend : le recul de la lèvre y participe. On le déplisse par un inducteur de collagène type Radiesse, plutôt qu'en le comblant.
  • Une variation de poids importante modifie la forme du visage : à stabiliser avant d'envisager une intervention.
Aesthetic Surgery Journal — Val Lambros, « Skin Flow and Shape in the Aging Face: A Visualization », en ligne le 30 septembre 2026, doi 10.1093/asj/sjag173
Étude clinique
29 septembre 2026

Toxine botulique et cicatrices : ce que dit la synthèse

L'Aesthetic Surgery Journal a mis en ligne le 22 septembre 2026 une revue systématique avec méta-analyse consacrée à l'injection préventive de toxine botulique de type A sur les cicatrices opératoires. Dix-sept études comparatives ont été réunies, soit 456 participants et 656 sites traités. Le résultat le plus solide porte sur une mesure objective, la largeur de la cicatrice, significativement réduite (différence moyenne standardisée −0,924 ; IC 95 % −1,119 à −0,728) avec un niveau de preuve jugé modéré ; les cotations visuelles réalisées par les praticiens vont dans le même sens, avec un niveau de preuve plus faible.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Le principe est simple : en relâchant les muscles qui tirent sur les berges d'une suture, on laisse la cicatrice se former sans tension. Les auteurs observent d'ailleurs que l'effet est le plus marqué là où la tension est forte, au thorax, et le plus discret sur les zones fines du visage — là où le dessin de l'incision fait déjà l'essentiel du travail.

  • En blépharoplastie, la cicatrice est placée dans le pli naturel de la paupière : c'est le tracé, bien plus qu'un adjuvant, qui la rend imperceptible.
  • Après un lifting cervico-facial (G-Lift), les cicatrices sont dissimulées dans les reliefs de l'oreille et la ligne des cheveux, et la fermeture se fait sans tension sur la peau : le même principe, obtenu chirurgicalement.
  • L'injection préventive reste une option à discuter au cas par cas : le moment de l'injection et la dose ne font pas encore consensus, et la synthèse le dit clairement.
Aesthetic Surgery Journal — Ho Y.-H. et coll., « Botulinum Toxin Type A for Postoperative Scar Prevention: A Systematic Review and Meta-analysis », en ligne le 22 septembre 2026
Technique
28 septembre 2026

La radiofréquence sous-cutanée entre les injections et le lifting

L'Aesthetic Surgery Journal a publié une mise au point de Michael J. Stein, Neil M. Vranis et Sherrell J. Aston consacrée au rajeunissement du visage et du cou par radiofréquence sous-cutanée. Les auteurs y décrivent les patients du « treatment gap » : un relâchement trop marqué pour relever d'un geste non invasif, pas assez pour justifier à lui seul un lifting cervico-facial (G-Lift).

Ils retiennent trois situations : le relâchement modéré, la récidive après un lifting antérieur, et le patient qui relèverait d'un lifting mais ne souhaite pas d'intervention plus lourde. La série porte sur plusieurs centaines de zones traitées, notamment la région péribuccale, cervicale et la mâchoire. Leur conclusion tient en une phrase : le traitement doit être conduit région par région, selon l'anatomie, et non de façon uniforme.

Ce que j'en retiens pour mes patients

  • La radiofréquence sous-cutanée ne remplace pas un lifting : elle répond à des situations intermédiaires, ou complète un geste chirurgical, comme pour le lifting cervico-facial (G-Lift).
  • Le choix se fait zone par zone, après examen.
  • Un relâchement déjà opéré et qui récidive est une indication reconnue de cette technique.
  • Aucune technologie ne dispense de l'examen clinique préalable.
Aesthetic Surgery Journal — Stein, Vranis et Aston, février 2025
Étude clinique
24 septembre 2026

Lifting SMAS ou deep plane : une satisfaction élevée dans les deux cas

Le lifting cervico-facial (G-Lift) repose aujourd'hui sur deux approches principales. Le lifting SMAS retend le plan musculo-aponévrotique superficiel. Le lifting deep plane passe sous ce plan et libère les ligaments de soutien, au prix d'une dissection plus étendue. Une méta-analyse publiée dans Aesthetic Plastic Surgery (Khoury et coll.) a réuni 21 études et 2 896 patients opérés selon l'une ou l'autre technique.

La satisfaction des patients est élevée dans les deux cas : 94,4 % pour le deep plane et 87,8 % pour le SMAS, avec des intervalles de confiance qui se chevauchent. Le taux global de complications est en revanche plus bas dans les séries SMAS : 10,3 %, contre 17,2 % pour le deep plane. Les auteurs concluent que les deux techniques offrent des résultats solides et durables.

Une précision de méthode : chaque technique a été analysée à partir d'études distinctes, et non comparée chez des patients tirés au sort. Ces chiffres dessinent une tendance, pas un verdict.

Ce que j'en retiens pour mes patients

  • une dissection plus profonde ne s'est pas traduite par une satisfaction nettement supérieure, alors que les séries deep plane rapportent davantage de complications ;
  • le lifting cervico-facial (G-Lift) repose sur une plicature du SMAS, complétée en fin d'intervention par une radiofréquence sous-cutanée Quantum sur le cou et l'ovale du visage. Une étude prospective publiée en juillet 2026, qui compare précisément plicature du SMAS et deep plane, n'a pas trouvé de différence significative de satisfaction ni de durée de récupération entre les deux ;
  • le choix de la technique se fait en consultation, selon votre anatomie et vos attentes.
Aesthetic Plastic Surgery — Khoury S., Almubarak Z., Khan H., Boldt G., Villemure-Poliquin N., Nichols A. C., « The Deep Plane versus SMAS Facelift: A Systematic Review and Meta-Analysis », 2025. Voir aussi Neel O. F. et coll., « Deep Plane Versus SMAS Plication Facelift: A Prospective Cohort Study of Clinical Outcomes and Complication Rates », Aesthetic Plastic Surgery, en ligne le 1er juillet 2026.
Étude clinique
20 septembre 2026

Combien de temps tient un lifting ? Une réponse chiffrée

L'Aesthetic Surgery Journal a mis en ligne le 15 septembre 2026 une analyse de cohorte appariée portant sur 97 premiers liftings et 97 seconds liftings, opérés entre janvier 2014 et janvier 2024. L'intervalle moyen entre les deux interventions s'établit à 10,7 ± 4,9 ans. Le second lifting a duré en moyenne 44,3 minutes de moins que le premier (p < 0,01) et les taux de complications sont comparables d'un groupe à l'autre. Les patients opérés plus jeunes lors de la première intervention sont aussi ceux qui ont attendu le plus longtemps avant la seconde (r = −0,44 ; p < 0,01).

Ce que j'en retiens pour mes patients

C'est la question posée à chaque consultation de lifting : combien de temps cela tient-il ? Ce travail donne enfin un repère chiffré, à condition de le lire pour ce qu'il mesure — le moment où des patients ont choisi de revenir, et non la date à laquelle le résultat se serait effacé.

  • un lifting se compte en années, pas en saisons : plus de dix ans en moyenne avant une seconde intervention ;
  • revenir n'est pas recommencer — le second geste a été plus court, et réalisé avec la même sécurité que le premier ;
  • être opéré plus tôt n'écourte pas le bénéfice : dans cette série, c'est l'inverse qui s'observe ;
  • chaque technique a son horizon : un lifting cervico-facial (G-Lift) et un lifting cervical mini-invasif par radiofréquence ne s'inscrivent pas sur la même durée, et c'est l'un des éléments du choix que nous faisons ensemble en consultation.
Aesthetic Surgery Journal — Mandelbaum M., Mordukhovich I., Vishwanath N., Fraiman E., Darras O., Patel V., Sinclair N. R., Zins J. E., « Interval to Secondary Facelift: A Match-Cohort Analysis of Interval Time, Technique, and Complications », en ligne le 15 septembre 2026.
Technique
13 septembre 2026

Le lifting sous anesthésie locale : une série de 117 interventions

L'Aesthetic Surgery Journal Open Forum a mis en ligne le 10 septembre 2026 une série rétrospective monocentrique portant sur 117 liftings cervico-faciaux primaires réalisés sous anesthésie locale (Lombardi et coll., doi 10.1093/asjof/ojag166) : 90 liftings deep plane, 6 high SMAS et 21 rhytidectomies coronales, chez 110 femmes et 7 hommes d'âge moyen 56,5 ans. La durée opératoire moyenne a été de 5 heures, aucune intervention n'a nécessité de conversion en anesthésie générale ni d'arrêt prématuré, et six complications ont été relevées (5,13 %). Les auteurs concluent à la faisabilité du procédé chez des patients sélectionnés, à condition d'un protocole structuré : sélection préopératoire, infiltration standardisée, maintien du contact verbal et surveillance hémodynamique.

Ce que j'en retiens pour mes patients

L'anesthésie est l'une des premières questions posées en consultation de lifting. Ce travail montre que le choix ne se résume pas à une opposition entre anesthésie générale et anesthésie locale : c'est le geste prévu, sa durée et le profil du patient qui commandent. Dans ma pratique, cette distinction est déjà à l'œuvre.

  • Le lifting cervical mini-invasif par radiofréquence Quantum, associé à une lipoaspiration ciblée, se réalise sous anesthésie locale, en trente minutes en moyenne.
  • Le lifting cervico-facial (G-Lift), lifting complet du visage et du cou suivi d'une radiofréquence sous-cutanée, dure deux à trois heures : je le réalise sous anesthésie générale, pour le confort du patient.
  • La sécurité d'une intervention tient moins à la formule anesthésique qu'à la sélection préopératoire et à l'organisation de toute la prise en charge — les auteurs le disent eux-mêmes.
Aesthetic Surgery Journal Open Forum
Étude clinique
9 septembre 2026

Biostimulateurs de collagène : les résultats à un an se confirment

L'Aesthetic Surgery Journal a mis en ligne le 2 septembre 2026 les résultats à douze mois d'une étude prospective multicentrique consacrée à un biostimulateur de collagène de nouvelle génération à base d'acide poly-L-lactique, utilisé pour corriger les sillons nasogéniens. Soixante patients ont reçu jusqu'à trois séances espacées de deux à quatre semaines, puis ont été évalués à six et douze mois à l'aide de questionnaires validés. À un an, le score FACE-Q d'appréciation des sillons progresse de 20,7 points en moyenne (p<0,0001), le taux de répondeurs sur l'échelle GAIS atteint 83,3 % et aucun événement indésirable grave n'a été rapporté.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Un biostimulateur ne comble pas : il amène la peau à produire son propre collagène. Le résultat s'installe progressivement et, dans cette étude, continue de progresser entre six et douze mois — plus de neuf patients sur dix décrivant un rendu naturel. L'étude ne comporte pas de groupe témoin : elle confirme une tendance, elle ne la démontre pas.

  • Le résultat n'est pas immédiat : il apparaît en quelques semaines, à mesure que le collagène se forme.
  • Le protocole repose sur plusieurs séances rapprochées, puis un entretien espacé dans le temps.
  • C'est l'option à considérer pour redensifier un visage sans en modifier les volumes.
  • Le geste reste un acte médical : le plan et la profondeur d'injection font la qualité du résultat.
Ribe A, Erhardt U, De Almeida Caramico K, Souton-Al Gburi É, Grimolizzi F, Hedén P. « Effectiveness, Patient Satisfaction, and Safety of a Next-generation PLLA Collagen Biostimulator for Nasolabial Fold Augmentation: 12-month Results of a Prospective Multicenter Study », Aesthetic Surgery Journal, en ligne le 2 septembre 2026, doi 10.1093/asj/sjag180.
Étude clinique
4 septembre 2026

Toxine botulique du bas du visage : la cartographie fait le résultat

L'Aesthetic Surgery Journal a publié le 18 août 2026 un essai randomisé en double aveugle consacré à l'effet liftant de la toxine botulique sur le bas du visage et le cou. Quatre-vingts patients ont été répartis en quatre groupes, différant par le nombre et la répartition des points d'injection sur le platysma et le muscle abaisseur de l'angle de la bouche. Les résultats ont été mesurés à 15, 30 et 90 jours par photogrammétrie tridimensionnelle et par questionnaire de satisfaction FACE-Q. Tous les schémas ont produit un effet liftant mesurable, l'ampleur et la durée du repositionnement des tissus augmentant avec l'étendue de la couverture musculaire.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Cet essai met des chiffres sur ce que l'on observe en consultation : sur le bas du visage et le cou, la toxine ne se limite pas au lissage des rides, elle rétablit un équilibre entre les muscles qui tirent vers le bas et ceux qui soutiennent. Le résultat tient à la cartographie du traitement bien plus qu'à la quantité de produit.

  • C'est la répartition des points d'injection, et non la dose globale, qui détermine l'ampleur du repositionnement.
  • L'effet est progressif et culmine vers le trentième jour : un résultat ne se juge pas à quinze jours.
  • L'étude retrouve une réponse moins marquée lorsque l'indice de masse corporelle est élevé — un élément à intégrer dans la discussion préalable.
  • Étendre indéfiniment la zone traitée n'apporte pas de gain proportionnel : le meilleur compromis se situe dans un schéma intermédiaire, adapté à l'anatomie de chacun.
Aesthetic Surgery Journal — Munoz-Lora VRM et coll., « Injection Mapping and Dose Escalation for Botulinum Toxin Treatment on the Lower Face: A Randomized, Double-Blind Clinical Trial », 18 août 2026
Réglementation
1er septembre 2026

Encadrement de la médecine esthétique : où en est-on ?

Fin 2025, le Parlement avait adopté, dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026, une mesure attendue de longue date : confier à l'Ordre des médecins, et non plus aux agences régionales de santé, la délivrance de l'autorisation d'exercer la médecine esthétique, avec des exigences de qualification, de formation et d'expérience à préciser par décret. Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition le 30 décembre 2025, considérant qu'elle n'avait pas sa place dans une loi de financement. Le cadre applicable demeure donc celui d'avant.

Dans le même temps, l'ANSM a piloté avec neuf autres agences européennes un contrôle de dix-sept produits de comblement à base d'acide hyaluronique. Treize se sont révélés conformes à l'ensemble des essais ; quatre ont présenté des anomalies portant sur la biocompatibilité, la composition ou les endotoxines, et quatre des défauts d'étiquetage. Aucune restriction de mise sur le marché n'a été prononcée à ce stade.

Ce que j'en retiens pour mes patients

Tant que la loi n'évolue pas, la vigilance revient au patient. Trois vérifications simples :

  • L'injection doit être réalisée par un médecin. C'est une obligation légale en France, et elle n'est pas toujours respectée.
  • Le nom du produit, son marquage CE suivi de quatre chiffres et son numéro de lot doivent pouvoir vous être communiqués et figurer dans votre dossier.
  • Un tarif très inférieur au marché doit alerter : il traduit souvent un produit ou un cadre d'exercice qui ne sont pas ceux d'une pratique médicale.
ANSM, action de contrôle européenne conjointe, janvier 2026 — Conseil constitutionnel, décision n° 2025-899 DC du 30 décembre 2025

Réserver votre première consultation (100 €)

Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart : mardi et mercredi. Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire : vendredi. Les consultations de suivi ne sont pas facturées.