
Contour mandibulaire (jawline)
GENERALITES
Le terme jawline désigne la ligne de la mâchoire, c'est-à-dire l'ensemble formé par l'angle mandibulaire, la branche horizontale de la mandibule et le menton. Cette ligne constitue un marqueur fort de l'équilibre du visage : elle sépare le tiers inférieur du visage du cou et lui donne sa structure. Chez l'homme, elle se caractérise par un angle net et large ; chez la femme, par une ligne fine et continue, associée à un ovale bien dessiné.
Avec l'âge, plusieurs phénomènes se conjuguent pour effacer cette ligne. La résorption osseuse mandibulaire réduit le support squelettique de l'angle et du menton. La fonte des compartiments graisseux profonds prive le tiers inférieur du visage de son socle. Le relâchement cutané laisse enfin descendre les tissus. L'angle s'arrondit, des bajoues apparaissent de part et d'autre du ligament mandibulaire, et l'ovale se brouille.
Chez le sujet jeune, la demande est de nature différente. Il s'agit le plus souvent d'un simple manque de projection constitutionnel, sans aucun phénomène de vieillissement : l'angle mandibulaire est peu marqué, la branche horizontale peu lisible, le menton insuffisamment projeté.
Le traitement du contour mandibulaire par acide hyaluronique répond à ces deux situations : il restitue, par voie d'injection profonde, le volume et la projection qui font défaut au niveau du plan osseux. Il s'agit d'un acte de médecine esthétique, réalisé au cabinet, sans hospitalisation ni arrêt d'activité.
OBJECTIFS
Le premier objectif est de redonner de la projection et de la définition à l'angle mandibulaire, qui constitue le point d'appui postérieur de toute la ligne. Le deuxième est de redessiner la branche horizontale de la mandibule, afin de rétablir une transition nette entre le visage et le cou. Le troisième est de projeter le menton, qui ferme la ligne en avant.
L'ensemble vise à restaurer une ligne continue de l'oreille au menton, sans rupture ni concavité. Par un effet de soutien des tissus, ce rétablissement de la structure permet également d'atténuer visuellement des bajoues débutantes, sans les traiter directement.
Les objectifs diffèrent selon le sexe. Chez l'homme, il s'agit de masculiniser le bas du visage en élargissant l'angle et en accentuant sa netteté. Chez la femme, il s'agit au contraire d'affiner et d'allonger la ligne, pour obtenir un ovale harmonieux sans élargissement du bas du visage.
Un traitement du menton est fréquemment associé, car les deux zones sont anatomiquement indissociables : une mandibule redessinée sans projection mentonnière suffisante donne un résultat déséquilibré. Lorsque le déficit osseux est important, la solution chirurgicale est à envisager, et nous vous invitons à consulter la page consacrée à la génioplastie.
LES LIMITES DU TRAITEMENT
Ce point doit être énoncé sans ambiguïté : l'injection ne remplace pas la chirurgie. Le comblement agit sur le volume et la structure, non sur l'excès de peau. Il donne de bons résultats sur un déficit de projection, et de mauvais résultats lorsque le problème est un excès de tissus.
Un relâchement cutané installé, des bajoues franches ou un cou empâté ne se traitent pas par comblement. Dans ces situations, ajouter du volume alourdit le bas du visage et aggrave l'impression de lourdeur. Ces cas relèvent du lifting jugo-cervical, éventuellement associé à une lipoaspiration sous-mentonnière.
Un excès de graisse localisé sous le menton, chez un sujet dont la peau est de bonne qualité, relève quant à lui d'une lipoaspiration du menton et des bajoues, qui retire le volume excédentaire au lieu d'en ajouter.
Enfin, une hypertrophie du muscle masséter, qui élargit le bas du visage par une augmentation du volume musculaire, ne relève pas non plus du comblement : l'injection y accentuerait la largeur. Le traitement adapté est alors la toxine botulique, qui réduit progressivement le volume du muscle.
La consultation préalable a précisément pour objet de faire cette distinction : déterminer si le déficit est structurel, et donc accessible à l'injection, ou s'il correspond à un excès de peau ou de graisse. Lorsque c'est la peau elle-même qui s'est relâchée et fripée, la réponse est une biostimulation par Radiesse, qui reconstitue le collagène de l'ovale du visage.
ANESTHÉSIE
Le traitement est réalisé sous crème anesthésiante, appliquée une trentaine de minutes avant la séance, ou sans aucune anesthésie selon votre sensibilité et l'étendue de la zone traitée.
Les produits utilisés contiennent par ailleurs de la lidocaïne, qui procure un effet anesthésiant dès les premiers passages d'aiguille et rend la suite de la séance confortable. Aucune anesthésie générale ni sédation n'est nécessaire.
L'INJECTION
Le produit utilisé est un acide hyaluronique très cohésif, doté d'une forte capacité de projection. Ces caractéristiques sont indispensables sur cette zone : il ne s'agit pas de combler une ride mais de reconstituer un relief qui doit se maintenir sous le poids des tissus.
L'injection est profonde, au contact de l'os, en bolus le long de l'angle et de la branche montante de la mandibule, où le produit se comporte comme un appui structurel déposé sur le plan osseux. Ce positionnement profond est à la fois le garant du résultat et un élément essentiel de sécurité.
Le traitement est complété à la micro-canule pour la branche horizontale et le menton. La canule, dont l'extrémité est mousse, permet de progresser dans un plan homogène en respectant les structures vasculaires, et de répartir le produit de façon régulière le long de la ligne.
Les volumes injectés sont de 2 à 4 seringues en moyenne, selon la morphologie, le sexe et l'importance du déficit initial. Lorsque la correction souhaitée est importante, ces volumes peuvent être répartis sur deux séances espacées de quelques semaines, ce qui permet de juger du résultat intermédiaire et d'ajuster la seconde étape.
La séance dure de 30 à 45 minutes, temps d'installation et de repérage compris. Le tracé des points d'injection est réalisé avant le début du geste, patient assis, afin de respecter la symétrie et les proportions du visage en position naturelle.
APRÈS L'INJECTION
La reprise des activités est immédiate. Aucun pansement, aucun arrêt de travail ni surveillance particulière n'est nécessaire à la sortie du cabinet.
Un œdème et une sensibilité à la pression sont habituels pendant 2 à 5 jours. Des ecchymoses sont possibles, en particulier au niveau du rebord mandibulaire, et se résorbent en quelques jours.
Il vous est demandé d'éviter le sport, la chaleur (sauna, hammam, exposition solaire intense) et les massages appuyés de la zone pendant 48 heures, afin de ne pas favoriser l'œdème ni déplacer le produit avant sa stabilisation.
RÉSULTATS
Le résultat est immédiat : la ligne est redessinée dès la fin de la séance. Il ne doit toutefois être jugé définitivement qu'à 15 jours, délai nécessaire à la résorption complète de l'œdème et à l'intégration du produit dans les tissus.
La durée du résultat est de 12 à 18 mois, soit une tenue supérieure à celle observée sur la plupart des autres zones du visage. Deux raisons l'expliquent : la région traitée est peu mobile, et le produit utilisé est très cohésif, donc plus lentement dégradé. Le traitement peut ensuite être renouvelé, souvent avec des volumes moindres que lors de la première séance.
Le traitement est par ailleurs réversible. L'injection de hyaluronidase, enzyme qui dégrade l'acide hyaluronique, permet de dissoudre tout ou partie du produit en cas de résultat non souhaité, d'excès de volume ou d'asymétrie.
EFFETS INDÉSIRABLES
Les suites habituelles comportent un œdème et des ecchymoses, qui ne sont pas des complications mais des conséquences attendues du geste.
Des irrégularités ou des nodules palpables peuvent apparaître ; ils sont le plus souvent transitoires et régressent spontanément ou après un simple massage réalisé au cabinet. Une asymétrie de projection est possible, les deux hémi-mandibules n'étant jamais parfaitement symétriques ; elle est corrigée lors de la consultation de contrôle par un complément de produit. Une sensation de dureté au contact de l'os est normale et correspond au comportement attendu d'un produit fortement cohésif déposé sur le plan osseux.
L'infection est exceptionnelle, de même que la formation de granulomes, réaction inflammatoire retardée au produit injecté.
Enfin, l'accident vasculaire par injection intra-artérielle est tout à fait exceptionnel mais doit être mentionné. Il concerne ici principalement l'artère faciale, qui croise le rebord mandibulaire, et peut entraîner une nécrose cutanée localisée. Sa prévention repose sur des mesures strictes : injection profonde au contact de l'os, aspiration préalable avant chaque bolus, utilisation de la micro-canule sur les trajets à risque, et disponibilité permanente de l'hyaluronidase au cabinet, qui permet une prise en charge immédiate.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE TRAITEMENT DU CONTOUR MANDIBULAIRE :
Suis-je un bon candidat à ce traitement ?
Vous êtes un bon candidat si votre demande porte sur un manque de projection ou de définition de la ligne mandibulaire, qu'il soit constitutionnel chez un sujet jeune ou lié à la résorption osseuse et à la fonte des compartiments graisseux profonds avec l'âge. La peau doit être de qualité satisfaisante et le relâchement limité. Si le motif principal est un excès de peau, des bajoues franches ou un cou empâté, l'injection n'est pas la solution adaptée.
Combien de seringues sont nécessaires ?
Les volumes sont de 2 à 4 seringues en moyenne, selon la morphologie, le sexe et l'importance du déficit initial. Lorsque la correction souhaitée est importante, ces volumes peuvent être répartis sur deux séances espacées de quelques semaines, ce qui permet de juger du résultat intermédiaire avant d'ajuster la seconde étape.
Le traitement est-il le même chez l'homme et chez la femme ?
Non, les objectifs sont différents et la technique s'adapte en conséquence. Chez l'homme, il s'agit de masculiniser le bas du visage : l'angle mandibulaire est élargi et sa netteté accentuée. Chez la femme, l'objectif est au contraire d'affiner et d'allonger la ligne, pour un ovale harmonieux, sans élargir le tiers inférieur du visage.
Faut-il une injection ou un lifting ?
Tout dépend de la nature du problème. L'injection traite un déficit de volume et de projection ; elle ne traite pas l'excès de peau. Lorsque le relâchement cutané est installé, ajouter du volume alourdit le bas du visage au lieu de l'affiner. Dans cette situation, la solution est le lifting jugo-cervical.
Ce traitement corrige-t-il les bajoues ?
Partiellement et indirectement. En restaurant l'appui osseux et la continuité de la ligne mandibulaire, l'injection exerce un effet de soutien qui atténue visuellement des bajoues débutantes. Elle ne les supprime pas. Des bajoues franches, correspondant à une véritable ptose des tissus de part et d'autre du ligament mandibulaire, relèvent de la chirurgie ou, lorsqu'il s'agit d'un excès graisseux localisé, d'une lipoaspiration du menton et des bajoues.
Ce traitement corrige-t-il le double menton ?
Non. Un excès de graisse sous-mentonnière ne se traite pas en ajoutant du volume. Selon la qualité de la peau, la solution est une lipoaspiration du menton et des bajoues, ou une lipoaspiration sous-mentonnière associée à un lifting jugo-cervical lorsque le cou est également empâté et relâché.
Le traitement est-il douloureux ?
Il est peu douloureux. Une crème anesthésiante peut être appliquée une trentaine de minutes avant la séance, et les produits utilisés contiennent de la lidocaïne, qui procure un effet anesthésiant dès les premiers passages. Aucune anesthésie générale n'est nécessaire.
Combien de temps dure la séance ?
La séance dure de 30 à 45 minutes, temps d'installation, de repérage et de tracé des points d'injection compris.
Y a-t-il une éviction sociale ?
La reprise des activités est immédiate. Un œdème et une sensibilité à la pression sont habituels pendant 2 à 5 jours, et des ecchymoses sont possibles, notamment au niveau du rebord mandibulaire. Il vous est demandé d'éviter le sport, la chaleur et les massages appuyés de la zone pendant 48 heures.
Quand le résultat est-il visible et combien de temps dure-t-il ?
Le résultat est immédiat, la ligne étant redessinée dès la fin de la séance, mais il ne doit être jugé définitivement qu'à 15 jours, une fois l'œdème résorbé et le produit intégré aux tissus. Sa durée est de 12 à 18 mois, tenue supérieure à celle observée sur d'autres zones du visage, la région étant peu mobile et le produit très cohésif. Le traitement peut ensuite être renouvelé, souvent avec des volumes moindres.
Le traitement est-il réversible ?
Oui. L'injection de hyaluronidase, enzyme qui dégrade l'acide hyaluronique, permet de dissoudre tout ou partie du produit en cas d'excès de volume, d'asymétrie ou de résultat non souhaité. Cette réversibilité constitue l'un des avantages majeurs de cette technique.
Peut-on associer un traitement du menton ou de la toxine botulique ?
Oui, et l'association est fréquente. Le menton et la mandibule sont anatomiquement indissociables : une ligne redessinée sans projection mentonnière suffisante donne un résultat déséquilibré, et les deux zones sont le plus souvent traitées dans la même séance. Lorsque le déficit osseux du menton est important, la solution chirurgicale est envisagée : voir la page consacrée à la génioplastie. En cas d'hypertrophie du muscle masséter, qui élargit le bas du visage, la toxine botulique réduit progressivement ce volume musculaire, ce que l'injection de comblement ne ferait qu'aggraver.
Quels sont les effets indésirables possibles ?
Les suites habituelles comportent un œdème et des ecchymoses. Peuvent survenir des irrégularités ou des nodules palpables, le plus souvent transitoires, une asymétrie de projection corrigée lors de la consultation de contrôle, et une sensation de dureté au contact de l'os qui est normale. L'infection et les granulomes sont exceptionnels. L'accident vasculaire par injection intra-artérielle, tout à fait exceptionnel, concerne l'artère faciale qui croise le rebord mandibulaire et peut entraîner une nécrose cutanée localisée ; sa prévention repose sur l'injection profonde au contact de l'os, l'aspiration préalable, la micro-canule sur les trajets à risque et la disponibilité de l'hyaluronidase au cabinet.
Le traitement est-il pris en charge par l'assurance maladie ?
Non. Le traitement du contour mandibulaire par acide hyaluronique est un acte de médecine esthétique, sans aucune prise en charge par l'assurance maladie ni par les mutuelles. Un devis détaillé vous est remis au cours de la consultation préalable.
Avant de vous décider
Il s'agit d'un acte de médecine esthétique et non de chirurgie : le délai de réflexion de quinze jours prévu par l'article L.6322-2 du code de la santé publique pour les actes chirurgicaux ne s'y applique pas de plein droit. Une consultation préalable reste indispensable, au cours de laquelle l'indication est posée, les alternatives discutées et un devis remis. Rien ne justifie de réaliser l'acte le jour même de la première consultation, et vous restez libre de prendre le temps de la réflexion.
Qui réalise l'intervention ?
Le Dr David Ganon est chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique auprès du Conseil de l'Ordre des médecins. Ancien interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris, il est praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis.