
Botox des sourcils
Rédigé par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
EN BREF
Injectée dans le muscle qui abaisse la queue du sourcil, la toxine botulique le relâche : le muscle frontal peut remonter légèrement la queue du sourcil, et le regard paraît un peu plus ouvert. L’effet est réel mais modéré, et temporaire. Ce geste convient à une descente débutante, sans retirer de peau ni remplacer un lifting des sourcils.
QUE PEUT LE BOTOX SUR LES SOURCILS ?
La position du sourcil résulte d’un équilibre entre deux forces opposées : des muscles abaisseurs, situés au voisinage du sourcil, et un muscle releveur, le muscle frontal. La toxine botulique diminue temporairement la contraction du muscle dans lequel elle est injectée ; en atténuant l’action d’un groupe de muscles, elle libère celle des muscles opposés.
Au niveau de la queue du sourcil, c’est la partie externe du muscle orbiculaire de l’œil, celle qui dessine les rides de la patte d’oie, qui tire le sourcil vers le bas. Injectée dans ses fibres orbitaires, la toxine diminue cet effet abaisseur : le muscle frontal peut alors remonter légèrement la queue du sourcil, et le regard paraît un peu plus ouvert. C’est le principe du botox de la queue du sourcil.
C’est ce que l’on appelle parfois un « lifting chimique » du sourcil, une formule commode mais qui ne doit pas laisser croire à un geste de lifting. L’effet est réel mais modéré, et il est temporaire.
Le sens de l’effet dépend du muscle traité. Relâcher un muscle abaisseur permet au sourcil de remonter un peu ; relâcher le muscle frontal, qui le relève, peut au contraire l’abaisser. Une injection mal placée ou mal dosée dans cette région peut ainsi faire descendre le sourcil ou la paupière au lieu de les relever : c’est un geste précis, qui suppose de connaître l’équilibre entre muscles élévateurs et abaisseurs.
Entre les sourcils, la toxine vise d’autres muscles, les corrugateurs, responsables des rides du lion : leur relaxation détend la zone et permet une légère ascension de la tête du sourcil.
POUR QUI ?
Avec l’âge, le sourcil a tendance à descendre, notamment dans sa partie externe, ce qui donne au regard un aspect « lourd ». Cette chute du sourcil tient à la fois au relâchement de la peau et à un déséquilibre entre les muscles releveurs et abaisseurs ; une position basse du sourcil peut aussi être héréditaire. Idéalement, la queue du sourcil se situe légèrement plus haut que son corps et sa tête.
La toxine botulique agit sur la part musculaire de cette chute. Elle s’adresse à un sourcil légèrement tombant, lorsque la descente débute et que le regard paraît un peu lourd ou fatigué. Elle permet aussi de se faire une idée du résultat avant d’envisager une chirurgie.
Encore faut-il que le sourcil soit en cause. Un regard lourd, fermé ou fatigué peut aussi venir d’un excès de peau de la paupière supérieure, qu’aucune injection ne retire, ou d’un ptôsis, c’est-à-dire d’une chute du bord de la paupière elle-même, dont le traitement porte sur le muscle releveur. Ces trois situations sont distinguées sur la page paupières tombantes.
LES LIMITES : QUAND PENSER À LA CHIRURGIE
La toxine botulique agit sur les muscles, pas sur la peau : elle ne retire aucun excès cutané, et son effet sur la queue du sourcil reste modéré et temporaire. Elle ne remplace pas un lifting lorsque la descente est installée.
Le test du miroir aide à faire la part des choses. Posez un doigt sur la queue du sourcil et remontez-la légèrement, sans tirer sur la paupière. Si l’excès de peau disparaît et que l’œil paraît s’ouvrir, la position du sourcil participe au problème ; s’il reste en place, il siège sur la paupière seule. Ce test oriente sans remplacer l’examen clinique ; il est détaillé sur la page lifting des sourcils ou blépharoplastie.
Selon ce que montre l’examen, plusieurs gestes chirurgicaux se discutent :
• le lifting des sourcils repositionne un sourcil descendu, par une incision placée, selon les cas, au ras du sourcil ou dans le cuir chevelu, le plus souvent sous anesthésie locale ;
• le lifting temporal traite l’affaissement de la partie latérale du sourcil et déplisse la patte d’oie, par une cicatrice le plus souvent cachée dans les cheveux de la tempe ;
• la blépharoplastie supérieure retire l’excès de peau de la paupière lorsque le sourcil est à sa place.
L’ordre compte : retirer de la peau de paupière chez quelqu’un dont le sourcil est descendu revient à fixer le sourcil plus bas encore. La position du sourcil s’évalue donc avant de poser l’indication.
Injections et chirurgie ne s’opposent pas. Après un lifting temporal, des injections de toxine botulique espacées et régulières dans les fibres orbitaires du muscle orbiculaire aident à maintenir plus longtemps le résultat, en diminuant l’effet abaisseur de ce muscle sur la queue du sourcil. Ce que la toxine peut faire autour de l’œil, et ce qu’aucune injection ne fait, est détaillé sur la page blépharoplastie ou botox.
DÉROULEMENT DE LA SÉANCE
Une consultation préalable est indispensable. Le Dr David Ganon analyse le visage au repos et en animation, la hauteur des sourcils et la part éventuelle d’excès de peau sur les paupières ; des photographies sont réalisées, sur lesquelles le résultat sera jugé. L’indication est posée, les alternatives sont discutées et un devis est remis.
L’autorisation de mise sur le marché de la toxine botulique en esthétique concerne les rides du lion, les rides du front et celles de la patte d’oie. Le relèvement de la queue du sourcil n’y figure pas en tant que tel : il constitue un usage hors autorisation de mise sur le marché, pratiqué sous la responsabilité du médecin. Il vous en est fait mention en consultation, et votre consentement éclairé est recueilli.
Aucune préparation particulière n’est nécessaire et il n’est pas utile d’être à jeun. Il convient de venir sans maquillage ou de l’enlever avant les injections. Pour limiter le risque d’ecchymoses et de migration du produit, il est recommandé d’éviter l’aspirine, la vitamine E et la triade anti-oxydante ACE dans les jours qui précèdent et ceux qui suivent la séance.
La séance a lieu au cabinet du Dr David Ganon et dure quelques minutes. Elle consiste en une série d’injections à l’aiguille fine, habituellement peu douloureuses : dans la grande majorité des cas, aucune anesthésie n’est nécessaire, et une crème anesthésiante de type Emla peut être appliquée chez les patient(e)s très sensibles.
Quelques marques un peu gonflées persistent 20 à 30 minutes puis disparaissent, et les activités normales peuvent être reprises. Pendant les deux heures qui suivent, il est recommandé de ne pas faire de sport intensif ni de s’allonger sur le côté ; pendant 24 heures, d’éviter les massages et toute compression des zones injectées, comme un casque ou un chapeau trop serré.
DÉLAI D’EFFET ET DURÉE
L’effet n’est pas immédiat : il s’installe en 7 à 15 jours. Pendant environ quinze jours, il peut être variable, voire asymétrique, avant de se stabiliser.
Après une première séance, il dure en moyenne 4 à 6 mois. À partir de la deuxième injection, il peut être plus durable, de 6 à 8 mois ; les injections sont ensuite renouvelées tous les 4 à 6 mois. Sa durée varie selon la puissance musculaire de chacun. Deux séances ne doivent jamais être rapprochées à moins de 3 mois, notamment pour éviter de créer une résistance au produit par un « effet vaccin ».
Une retouche éventuelle n’est pas réalisée avant le 15e jour, délai nécessaire pour que les équilibres entre les muscles s’établissent. Il vaut mieux une première séance modérément efficace que trop efficace : on peut toujours compléter, on ne peut pas retirer le produit une fois injecté.
L’action de la toxine restant temporaire, les muscles traités retrouvent leur fonction d’avant le traitement si l’on arrête les injections, même après plusieurs années.
RISQUES ET PRÉCAUTIONS
Les suites sont habituellement simples. Des effets indésirables transitoires peuvent apparaître : rougeur aux points d’injection, ecchymoses, œdème le plus souvent autour des yeux, sensation de tension, maux de tête, asymétrie temporaire.
Autour du sourcil, les effets à connaître tiennent à l’équilibre des muscles :
• une descente du sourcil, ou ptôse du sourcil, décrite après l’injection du front, en particulier lorsque les sourcils étaient déjà bas ; elle régresse habituellement en quelques semaines ;
• une chute partielle de la paupière supérieure, ou ptôse palpébrale, liée à la diffusion du produit vers le muscle releveur de la paupière ; elle disparaît spontanément en quelques semaines ;
• à l’inverse, une élévation de la partie externe des sourcils, dite « effet Méphisto », décrite après le traitement des rides du front.
Ces effets figurent dans le résumé des caractéristiques du produit, document de référence du médicament. Ils sont transitoires et régressent avec l’élimination du produit ; leur prévention repose sur la précision du placement, la modération des doses et l’analyse préalable de la position des sourcils. Les autres complications possibles, comme une sécheresse oculaire ou de rares cas de vision double, sont détaillées sur la page toxine botulique.
Les contre-indications sont celles de la toxine botulique : certaines maladies neuro-musculaires comme la myasthénie, la grossesse et l’allaitement, une hypersensibilité connue à la neurotoxine botulinique A ou à la sérum-albumine, et un traitement par les aminosides. Un traitement par toxine botulique pour des spasmes, un antécédent de paralysie faciale, des troubles de la coagulation ou la prise d’anticoagulants, d’aspirine ou d’antibiotiques doivent être signalés au Dr David Ganon.
LE PRIX
Au cabinet du Dr David Ganon, le tarif de la toxine botulique est de 400 € par flacon. Un devis est remis lors de la consultation préalable.
Il s’agit d’un acte de médecine esthétique : il ne fait l’objet d’aucune prise en charge par l’assurance maladie ni par les mutuelles. Le délai de réflexion de quinze jours prévu par l’article L.6322-2 du code de la santé publique pour les actes chirurgicaux ne s’y applique pas de plein droit ; rien ne justifie pour autant de réaliser l’acte le jour même de la première consultation, et vous restez libre de prendre le temps de la réflexion.
Les tarifs de la toxine botulique et du lifting des sourcils figurent en bas de cette page ; l’ensemble des tarifs du cabinet est consultable sur la page devis et tarifs.
POUR ALLER PLUS LOIN
Sur l’ensemble des indications de la toxine botulique sur le haut du visage, voir toxine botulique. Sur la chirurgie du sourcil, voir lifting des sourcils et lifting temporal.
Sur le choix entre remonter le sourcil et retirer l’excès de peau de la paupière, voir lifting des sourcils ou blépharoplastie. Sur ce qui relève de l’injection ou de la chirurgie autour de l’œil, voir blépharoplastie ou botox et la fiche blépharoplastie.
Consulter le Dr David Ganon
Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart, et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire. Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE BOTOX DES SOURCILS :
Le botox peut-il remonter les sourcils ?
Un peu, surtout au niveau de la queue du sourcil. Injectée dans le muscle qui l’abaisse, la partie externe du muscle orbiculaire de l’œil, la toxine botulique laisse le muscle frontal la remonter légèrement. L’effet est réel mais modéré, et temporaire ; il ne remplace pas un lifting lorsque la descente est installée.
Botox des sourcils avant/après : à quoi s’attendre ?
L’effet recherché est discret : une queue du sourcil légèrement plus haute et un regard un peu plus ouvert. Il apparaît en 7 à 15 jours. Il s’apprécie en comparant le visage aux photographies réalisées en consultation avant l’injection, au repos et en animation.
Combien de temps dure l’effet du botox sur les sourcils ?
En moyenne 4 à 6 mois après une première séance, et parfois 6 à 8 mois à partir de la deuxième injection. L’effet s’installe en 7 à 15 jours, et sa durée varie selon la puissance musculaire de chacun. Deux séances ne doivent jamais être rapprochées à moins de 3 mois.
Botox ou lifting des sourcils ?
Tout dépend de l’importance de la descente. La toxine botulique convient à une descente débutante : son effet est modéré et temporaire, et elle ne retire pas de peau. Lorsque la descente est installée, c’est un lifting des sourcils qui se discute, ou un lifting temporal si elle prédomine sur la queue du sourcil. L’examen clinique tranche.
Le botox peut-il faire tomber le sourcil ou la paupière ?
C’est un effet indésirable connu et transitoire. L’injection du front peut abaisser légèrement des sourcils déjà bas, et la diffusion du produit vers le muscle releveur de la paupière peut entraîner une chute partielle de la paupière supérieure. Ces effets régressent en quelques semaines ; ils se préviennent par un placement et un dosage précis.
Le botox entre les sourcils, est-ce la même chose ?
Non. Le botox entre les sourcils traite les rides du lion, dues à la contraction des muscles corrugateurs : c’est l’une des indications autorisées de la toxine botulique, détaillée sur la page toxine botulique. La relaxation de ces muscles détend la zone et permet une légère ascension de la tête du sourcil. Le relèvement de la queue du sourcil vise, lui, un autre muscle : la partie externe de l’orbiculaire de l’œil.
Quel est le prix du botox des sourcils à Paris ?
Au cabinet du Dr David Ganon, à Paris 8e, le tarif de la toxine botulique est de 400 € par flacon. Un devis est remis lors de la consultation préalable. Il s’agit d’un acte de médecine esthétique, qui ne fait l’objet d’aucune prise en charge par l’assurance maladie ni par les mutuelles.