
Reprise de cicatrice : quelles solutions ?
Rédigé et relu par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
Mis à jour le 5 octobre 2026
En bref : une reprise de cicatrice améliore une cicatrice élargie, épaissie, rétractile ou mal placée, mais ne l'efface pas. Elle se discute une fois la cicatrice arrivée à maturité, le plus souvent pas avant le sixième mois, et fait appel, selon le cas, à une nouvelle suture, une plastie locale, une greffe ou un lambeau. La chéloïde relève d'un traitement spécifique.
QU'EST-CE QU'UNE REPRISE DE CICATRICE ?
Une reprise de cicatrice, ou révision de cicatrice, consiste à reprendre chirurgicalement une cicatrice disgracieuse ou gênante afin d'en améliorer l'aspect ou la souplesse. Il peut s'agir de la cicatrice d'une intervention, d'une blessure ou de l'exérèse d'une lésion de la peau.
Son objectif doit rester réaliste : une cicatrice ne s'efface pas, elle s'améliore. Dès qu'une incision traverse le derme, la partie profonde de la peau, elle laisse une cicatrice qui s'atténue avec le temps sans disparaître totalement, quelle que soit la technique employée.
Si c'est le chirurgien qui réalise les sutures, la cicatrice, elle, dépend aussi du patient : la cicatrisation varie selon la personne, l'âge, la région du corps et l'importance de l'intervention. C'est pourquoi la qualité d'une cicatrice ne se promet pas ; elle s'accompagne.
QUELLES CICATRICES PEUT-ON AMÉLIORER ?
Il arrive qu'une cicatrice ne soit pas, à terme, aussi discrète qu'espéré. Elle peut alors prendre plusieurs aspects, parfois associés :
• Élargie : elle s'est étalée, notamment du fait d'une tension excessive sur ses berges ;
• Hypertrophique : épaisse et boursouflée, elle reste dans les limites de la cicatrice initiale ;
• Chéloïde : l'épaississement persiste et déborde ces limites ; cette forme est rare ;
• Rétractile : elle tire sur les tissus voisins et peut déformer un bord libre, comme celui de la paupière ou de l'aile du nez ;
• Adhérente ou déprimée : elle forme un creux ou adhère aux plans profonds ;
• Mal orientée : elle croise les lignes de moindre tension de la peau, ou traverse une zone du visage en son milieu, ce qui la rend plus visible ;
• Plus foncée ou plus claire : sa couleur tranche avec celle de la peau voisine.
Chacun de ces défauts appelle une réponse différente, et c'est l'examen qui permet de les distinguer. Une cicatrice qui paraît anormale doit être soumise à l'avis du chirurgien : un contrôle régulier permet de repérer à temps un trouble de la cicatrisation et de lui appliquer un traitement approprié.
ATTENDRE QUE LA CICATRICE ARRIVE À MATURITÉ
Une cicatrice récente n'a pas l'aspect qu'elle aura à terme. D'abord rouge ou rosée, elle peut brunir, devenir ferme et épaisse, avant de s'éclaircir et de s'assouplir, le plus souvent au-delà du troisième mois.
Cette phase, où la cicatrice est ferme et parfois épaissie, fait partie de l'évolution habituelle : elle s'atténue normalement avec le temps, seule ou sous massages. Il faut donc distinguer une cicatrice simplement jeune d'une cicatrice réellement anormale.
Un délai d'un an est nécessaire pour apprécier l'aspect final d'une cicatrice, parfois dix-huit mois sur le nez. Une reprise chirurgicale ne se discute donc qu'après plusieurs mois, sur des tissus stabilisés : le plus souvent à partir du sixième mois, parfois seulement après un an.
Pendant cette période, les soins conseillés par le chirurgien, adaptés au stade de la cicatrice, comptent : massages, crèmes cicatrisantes, protection solaire et arrêt du tabac. Une cicatrice jeune exposée au soleil peut se pigmenter durablement, et la nicotine, en réduisant la vascularisation de la peau, retarde la cicatrisation.
LES TECHNIQUES DE REPRISE DE CICATRICE
Le choix de la technique dépend du type de cicatrice, de sa taille, de sa localisation et de la souplesse de la peau voisine. Une reprise de cicatrice se fait le plus souvent sous anesthésie locale, en ambulatoire.
• L'excision et la nouvelle suture : la cicatrice disgracieuse est retirée, intégrée dans un fuseau, puis les berges sont rapprochées en limitant la tension et en suivant autant que possible les lignes de moindre tension. C'est la solution de référence chaque fois qu'elle est possible.
• La plastie en Z : en chirurgie plastique, elle consiste à transposer deux petits lambeaux triangulaires dessinés de part et d'autre de la cicatrice. Elle permet d'allonger une cicatrice rétractile et d'en modifier l'orientation.
• La greffe de peau ou le lambeau local : lorsque la cicatrice est étendue, ou que son excision ne permet pas une fermeture sans tension, la peau manquante est apportée par une greffe, ou par un lambeau, c'est-à-dire une peau voisine déplacée avec ses vaisseaux. Ces techniques sont détaillées sur la page lambeaux et greffes de la face.
Sur le visage, le tracé tient compte des sous-unités esthétiques : une cicatrice placée dans un sillon ou à la jonction de deux zones est lue comme un pli naturel et devient très discrète. Après une reconstruction, des retouches simples, comme le dégraissage d'un lambeau trop épais, des massages ou des séances de laser, peuvent compléter le résultat, sans être systématiques.
LE CAS PARTICULIER DE LA CHÉLOÏDE
La chéloïde vraie est rare mais redoutée. Elle correspond à une pérennisation de l'hypertrophie cicatricielle : de survenue imprévisible, elle déborde les limites de la cicatrice initiale.
Son traitement est très spécifique, difficile et souvent long ; il repose sur des traitements locaux adaptés. Une chéloïde pouvant se reformer, une reprise chirurgicale ne se décide qu'avec prudence, au cas par cas, après examen.
La cicatrice hypertrophique, moins rare, reste dans les limites de la cicatrice initiale. Lorsqu'elle persiste au-delà des premiers mois, elle relève elle aussi de soins spécifiques, souvent prolongés.
REPRISE DE CICATRICE : SUITES ET PRISE EN CHARGE
Les suites d'une reprise de cicatrice sont celles d'une chirurgie cutanée : un inconfort, une sensation de tension, parfois un gonflement ou de petits bleus transitoires. Les fils non résorbables sont retirés entre le 5e et le 15e jour selon la zone, plus tôt sur le visage.
La nouvelle cicatrice suit à son tour l'évolution habituelle, et son aspect final s'apprécie à un an. Protection solaire et arrêt du tabac comptent autant que lors de la première intervention : le tabac est à arrêter au moins un mois avant et jusqu'à un mois après la fin des soins de pansement.
La prise en charge dépend du contexte : séquelle de l'exérèse d'une tumeur cutanée ou d'une blessure, gêne fonctionnelle ou demande esthétique. Les modalités applicables à votre situation vous sont précisées en consultation, avec un devis détaillé remis avant toute intervention ; les tarifs de la chirurgie dermatologique figurent sur la page devis et tarifs.
Lorsque la demande est purement esthétique, la reprise relève de la chirurgie esthétique : après la remise du devis, un délai de réflexion d'au moins quinze jours est respecté avant l'intervention.
POUR ALLER PLUS LOIN
Les cicatrices laissées par l'exérèse d'une lésion de la peau sont abordées sur les pages consacrées au retrait d'un grain de beauté, au kyste sébacé et au lipome ; les principes de cette chirurgie sont réunis sur la page chirurgie des tumeurs cutanées. L'évolution d'une cicatrice au fil des mois est également décrite sur la page consacrée aux cicatrices d'une blépharoplastie.
Le Dr David Ganon consulte à Paris 8e et à Saint-Maur-des-Fossés. Pour faire examiner une cicatrice, vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou appeler le 07 83 79 83 71.
Consulter le Dr David Ganon
Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart, et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire. Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LA REPRISE DE CICATRICE :
Peut-on faire disparaître une cicatrice ?
Non : une cicatrice ne s'efface pas, elle s'améliore. Une reprise peut la rendre plus fine, plus souple ou mieux orientée, mais toute incision qui traverse le derme laisse une trace.
Quand peut-on reprendre une cicatrice ?
Une fois la cicatrice arrivée à maturité, sur des tissus stabilisés : le plus souvent à partir du sixième mois, parfois seulement après un an. Un délai d'un an est nécessaire pour apprécier l'aspect final d'une cicatrice.
Quelle différence entre une cicatrice hypertrophique et une chéloïde ?
La cicatrice hypertrophique est épaisse et en relief, mais reste dans les limites de la cicatrice initiale. La chéloïde, rare, correspond à une pérennisation de cette hypertrophie, qui déborde ces limites ; son traitement est très spécifique et souvent long.
Peut-on opérer une cicatrice chéloïde ?
Une reprise chirurgicale ne se décide qu'avec prudence, car une chéloïde peut se reformer. Son traitement, difficile et souvent long, se discute au cas par cas, après examen.
La reprise de cicatrice se fait-elle sous anesthésie générale ?
Le plus souvent, elle se fait sous anesthésie locale, en ambulatoire. Le mode d'anesthésie dépend toutefois de l'étendue du geste et se décide avec le chirurgien.
Qu'est-ce qu'une plastie en Z ?
C'est une technique de chirurgie plastique qui transpose deux petits lambeaux triangulaires dessinés de part et d'autre d'une cicatrice. Elle permet d'allonger une cicatrice rétractile et d'en modifier l'orientation.
Les massages et les crèmes suffisent-ils à améliorer une cicatrice ?
Pendant la maturation, massages, crèmes cicatrisantes et protection solaire font partie des soins conseillés, et l'épaississement des premiers mois s'atténue normalement avec le temps. Une rétraction installée relève en revanche d'une correction chirurgicale.
La reprise de cicatrice est-elle remboursée ?
Cela dépend du contexte : séquelle d'une tumeur cutanée ou d'une blessure, gêne fonctionnelle ou demande purement esthétique. Les modalités applicables vous sont précisées en consultation, avec un devis détaillé.