
Injection des lèvres
GENERALITES
Les lèvres occupent une position centrale dans l’équilibre du tiers inférieur du visage. Leur aspect dépend de la qualité du vermillon, c’est-à-dire de la partie rouge et muqueuse de la lèvre, de la netteté de l’ourlet qui la sépare de la lèvre blanche, et du dessin de l’arc de Cupidon au centre de la lèvre supérieure.
Avec le temps, cette architecture se modifie de façon progressive. L’ourlet s’estompe et l’arc de Cupidon perd son relief, les crêtes philtrales s’effacent, la lèvre blanche s’allonge et le vermillon s’amincit, si bien que la lèvre paraît plus fine et moins dessinée. Des ridules verticales apparaissent sur le pourtour de la bouche, ce que l’on désigne couramment sous le terme de rides « code-barre ». Les commissures ont tendance à s’abaisser et des plis d’amertume se creusent en direction du menton, donnant au visage une expression fermée ou triste qui ne correspond pas à l’état d’esprit du patient.
L’injection d’acide hyaluronique permet de corriger une partie de ces modifications. Il s’agit d’un acte de médecine esthétique réalisé au cabinet, sans hospitalisation ni arrêt de travail, dont l’effet est temporaire et le produit résorbable.
Une consultation préalable avec le Dr David Ganon est indispensable. Elle comporte l’analyse morphologique de la bouche et de ses proportions, la recherche des antécédents médicaux, en particulier d’un herpès labial récidivant, la vérification des traitements en cours, notamment antiagrégants ou anticoagulants, et l’écoute précise de la demande. C’est au terme de cet examen que l’indication est posée, ou récusée au profit d’une autre technique.
OBJECTIFS
Les injections de lèvres ne poursuivent pas un objectif unique. Selon l’âge et la morphologie, elles visent à :
- restaurer l’hydratation et la souplesse d’un vermillon desséché ou fripé ;
- redessiner le contour et l’ourlet, ainsi que l’arc de Cupidon ;
- restituer un volume modéré à une lèvre amincie ;
- corriger une asymétrie congénitale ou acquise ;
- relever discrètement des commissures tombantes ;
- atténuer les ridules du pourtour de la bouche.
Dans tous les cas, le résultat recherché est naturel. La bouche doit rester en harmonie avec le nez, le menton et l’ensemble du visage, et les proportions habituelles sont respectées : la lèvre supérieure demeure légèrement moins volumineuse que la lèvre inférieure. Le Dr David Ganon ne réalise pas d’injections destinées à créer des volumes excessifs, qui déforment le sourire, effacent le dessin de l’ourlet et donnent un aspect immédiatement reconnaissable.
Cette technique a également ses limites. Une lèvre blanche trop longue ou un ourlet complètement effacé chez un patient d’un certain âge relèvent d’un lifting de lèvre supérieure, qui raccourcit la distance entre le nez et la lèvre et remet le vermillon en évidence. Les ridules profondes et installées du pourtour de la bouche relèvent quant à elles d’un resurfaçage. Les injections ne remplacent pas ces techniques et ne doivent pas être proposées à leur place.
En revanche, elles se combinent volontiers à la toxine botulique, dont de très petites doses permettent de faire légèrement rouler la lèvre supérieure vers l’extérieur, technique dite du « lip flip », et de traiter les plis d’amertume en relâchant les muscles abaisseurs des commissures.
LES PRODUITS UTILISÉS
Seuls des acides hyaluroniques de qualité médicale, marqués CE et résorbables, sont utilisés. Le choix du produit dépend de l’objectif : les gels souples et peu réticulés sont réservés à l’hydratation du vermillon et au travail du contour, tandis que des produits un peu plus cohésifs sont employés lorsqu’une restauration de volume est souhaitée.
Les quantités injectées restent faibles, en règle générale de 0,5 à 1 ml par séance. C’est la répétition raisonnée des séances, et non la quantité injectée en une fois, qui permet d’obtenir un résultat harmonieux et durable. La plupart des produits contiennent de la lidocaïne, qui améliore nettement le confort pendant l’injection.
ANESTHÉSIE
La bouche est l’une des zones les plus sensibles du visage. Une crème anesthésiante de type Emla est donc appliquée sur les lèvres et leur pourtour 45 à 60 minutes avant la séance, puis retirée juste avant la désinfection. Dans certains cas, un bloc anesthésique peut être réalisé pour obtenir un confort complet.
L’INJECTION
La peau est démaquillée puis soigneusement désinfectée. Le produit est injecté à l’aide d’une aiguille fine et, selon les zones, d’une micro-canule à bout mousse, qui limite le risque d’ecchymose et de traumatisme vasculaire. Les points d’injection sont répartis le long de l’ourlet, dans le corps du vermillon ou au niveau des commissures selon l’objectif retenu.
La séance dure environ 30 minutes. Un massage doux permet de répartir le produit et de vérifier la régularité du résultat. Le principe retenu est celui de la sous-correction : il est toujours préférable d’injecter un peu moins que prévu, quitte à réaliser une retouche lors du contrôle à 15 jours, plutôt que d’obtenir un excès difficile à corriger.
APRÈS L’INJECTION
Les suites sont plus marquées qu’après une injection d’une autre région du visage. Un œdème souvent important est habituel pendant 3 à 7 jours, parfois une bonne semaine, et les lèvres paraissent transitoirement plus volumineuses que le résultat attendu. Des ecchymoses sont fréquentes et une sensation de tension est habituelle les premiers jours.
L’application de glace pendant les premières heures réduit le gonflement. Il est recommandé d’éviter pendant 48 heures le sport, l’exposition à la chaleur, le sauna et le hammam, la consommation d’alcool, ainsi que l’aspirine et les anti-inflammatoires, qui favorisent les ecchymoses.
Chez les sujets prédisposés, les injections peuvent déclencher une poussée d’herpès labial ; une prophylaxie antivirale est alors prescrite avant la séance. Il est donc essentiel de signaler tout antécédent de bouton de fièvre lors de la consultation.
RÉSULTATS
Le résultat n’est jugé qu’à 15 jours, une fois l’œdème complètement résorbé. C’est à cette date qu’une éventuelle retouche est décidée, afin de parfaire la symétrie ou de compléter légèrement le volume.
La durée du résultat est d’environ 8 à 12 mois. Elle est plus courte que dans les autres régions du visage, car la zone est très mobile et richement vascularisée, ce qui accélère la dégradation du produit. Une séance d’entretien annuelle suffit généralement à maintenir le résultat.
EFFETS INDÉSIRABLES
Comme tout acte médical, l’injection des lèvres comporte des risques, qui sont exposés en consultation. Les plus fréquents sont bénins et transitoires : œdème et ecchymoses, irrégularités ou petits nodules palpables qui disparaissent le plus souvent spontanément ou après massage, et asymétrie relative pouvant justifier une retouche.
Peuvent également survenir une poussée d’herpès labial chez les sujets prédisposés, une infection tout à fait exceptionnelle, et des granulomes également exceptionnels.
La complication la plus sérieuse est l’accident vasculaire par injection intra-artérielle, en particulier dans une artère labiale. Tout à fait exceptionnel, il peut entraîner une nécrose localisée de la peau ou de la muqueuse. Sa prévention repose sur une connaissance précise de l’anatomie, l’usage de micro-canules et une technique d’injection lente et prudente.
Il faut enfin rappeler que l’acide hyaluronique est réversible : l’injection de hyaluronidase, une enzyme qui dégrade le produit, permet de corriger rapidement un excès de volume, une irrégularité gênante ou, en urgence, un accident vasculaire.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR L’INJECTION DES LÈVRES :
À partir de quel âge peut-on envisager une injection des lèvres ?
Il n’existe pas d’âge idéal, mais une indication propre à chaque patient. Chez une personne jeune, la demande porte le plus souvent sur une correction de forme, d’asymétrie ou de contour. Après quarante ou cinquante ans, elle répond davantage à l’amincissement du vermillon, à la perte de l’ourlet et à la sécheresse des lèvres. Dans tous les cas, l’acte n’est proposé qu’à un patient majeur, après une consultation permettant de vérifier que la demande est cohérente avec la morphologie observée.
L’injection des lèvres est-elle douloureuse ?
La bouche est l’une des zones les plus sensibles du visage. C’est la raison pour laquelle une crème anesthésiante est appliquée 45 à 60 minutes avant la séance, et pour laquelle les produits utilisés contiennent de la lidocaïne. Un bloc anesthésique peut être réalisé si nécessaire. La séance reste sensible, mais elle est habituellement bien tolérée.
Combien de temps dure la séance ?
L’injection elle-même dure environ 30 minutes. Il faut y ajouter le temps de pose de la crème anesthésiante, soit 45 à 60 minutes, ainsi que quelques minutes de massage et de vérification du résultat en fin de séance.
Quelle quantité de produit est injectée ?
Les volumes utilisés sont volontairement faibles, généralement de 0,5 à 1 ml par séance. Cette quantité est suffisante pour hydrater, redessiner un contour ou restituer un volume modéré. Injecter davantage en une seule fois expose à un résultat artificiel et à une déformation du sourire.
Vais-je pouvoir reprendre une vie sociale normale immédiatement ?
C’est le point à anticiper. L’œdème est ici plus marqué qu’ailleurs sur le visage et dure habituellement de 3 à 7 jours, parfois une bonne semaine. Des ecchymoses sont fréquentes. Il est donc prudent de ne pas programmer la séance à la veille d’un événement important et de prévoir un délai d’au moins deux semaines.
Comment éviter un résultat artificiel ?
Le résultat recherché est toujours naturel. Il repose sur le respect des proportions du visage, la lèvre supérieure restant légèrement moins volumineuse que l’inférieure, sur l’utilisation de faibles volumes et sur le principe de la sous-correction, qui consiste à injecter un peu moins que prévu quitte à compléter lors du contrôle. Le Dr David Ganon ne réalise pas d’injections visant à créer des volumes excessifs.
Quand le résultat est-il définitif ?
Le résultat ne doit pas être jugé avant 15 jours. Pendant les premiers jours, l’œdème donne une impression de volume supérieur à celui qui sera obtenu. Une retouche éventuelle est décidée lors du contrôle réalisé à cette date.
Combien de temps dure le résultat ?
La durée est d’environ 8 à 12 mois. Elle est plus courte que dans les autres régions du visage, car la zone est très mobile et richement vascularisée, ce qui accélère la résorption du produit. Une séance d’entretien annuelle permet généralement de maintenir le résultat.
Le résultat est-il réversible ?
Oui. L’acide hyaluronique est un produit résorbable et, contrairement à d’autres injections, il peut être dégradé à la demande par une injection de hyaluronidase. Cette possibilité permet de corriger un excès de volume, une irrégularité gênante ou, en urgence, un accident vasculaire.
J’ai des boutons de fièvre : est-ce un problème ?
Ce n’est pas une contre-indication, mais cela doit impérativement être signalé. Les injections peuvent en effet déclencher une poussée d’herpès labial chez les sujets prédisposés. Une prophylaxie antivirale est alors prescrite avant la séance afin de prévenir cette poussée.
Peut-on associer les injections à la toxine botulique ?
Oui, et cette association est fréquente. De très petites doses de toxine botulique permettent de faire légèrement rouler la lèvre supérieure vers l’extérieur, technique dite du « lip flip », et de traiter les plis d’amertume en relâchant les muscles abaisseurs des commissures. Les deux traitements sont complémentaires et n’ont pas le même mécanisme d’action.
Que ne corrigent pas les injections de lèvres ?
Elles ne raccourcissent pas une lèvre blanche devenue trop longue et ne restaurent pas un ourlet complètement effacé chez un patient d’un certain âge : ces situations relèvent d’un lifting de lèvre supérieure. Elles n’effacent pas non plus les ridules profondes et installées du pourtour de la bouche, qui relèvent d’un resurfaçage. Les injections ne remplacent pas ces techniques.
Quels sont les effets indésirables possibles ?
Les plus fréquents sont bénins et transitoires : œdème, ecchymoses, irrégularités ou petits nodules palpables le plus souvent régressifs, asymétrie relative. Plus rarement peuvent survenir une poussée d’herpès labial, une infection exceptionnelle ou des granulomes exceptionnels. La complication la plus sérieuse, tout à fait exceptionnelle, est l’accident vasculaire par injection intra-artérielle, notamment dans une artère labiale, pouvant entraîner une nécrose localisée. L’ensemble de ces risques est exposé en consultation.
L’intervention est-elle prise en charge par l’assurance maladie ?
Non. L’injection des lèvres est un acte de médecine esthétique qui ne fait l’objet d’aucune prise en charge par l’assurance maladie ni par les mutuelles. Un devis détaillé vous est remis lors de la consultation préalable.
Avant de vous décider
Il s'agit d'un acte de médecine esthétique et non de chirurgie : le délai de réflexion de quinze jours prévu par l'article L.6322-2 du code de la santé publique pour les actes chirurgicaux ne s'y applique pas de plein droit. Une consultation préalable reste indispensable, au cours de laquelle l'indication est posée, les alternatives discutées et un devis remis. Rien ne justifie de réaliser l'acte le jour même de la première consultation, et vous restez libre de prendre le temps de la réflexion.
Qui réalise l'intervention ?
Le Dr David Ganon est chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique auprès du Conseil de l'Ordre des médecins. Ancien interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris, il est praticien attaché à l'hôpital Saint-Louis.