
Lambeaux et greffes de la face
DÉFINITION
Un lambeau est un fragment de peau déplacé depuis une zone voisine pour couvrir une perte de substance, en restant relié à son propre réseau de vaisseaux. C'est ce lien vasculaire qui le distingue d'une greffe : la greffe, elle, est complètement détachée de son site de prélèvement et doit être revascularisée par le tissu qui la reçoit.
Sur le visage, cette distinction est déterminante. La peau y est fine, mobile, de couleur et d'épaisseur différentes d'une zone à l'autre, et bordée de reliefs qui ne supportent aucune traction : le bord libre de la paupière, celui de l'aile du nez, la ligne de la lèvre. Déplacer de la peau voisine, plutôt que d'en apporter à distance, permet de respecter cette couleur, cette épaisseur et ces reliefs.
Les lambeaux de la face sont le plus souvent nécessaires après l'exérèse d'une tumeur cutanée — carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde, plus rarement mélanome — lorsque la fermeture directe est impossible ou qu'elle déformerait la région. Ils peuvent également être indiqués après un traumatisme, une morsure, ou pour corriger une séquelle cicatricielle.
Les règles de l'exérèse elle-même — marges de sécurité, analyse histologique systématique, ablation « en fuseau » — sont détaillées sur la page consacrée aux principes généraux de la chirurgie des tumeurs cutanées.
L'ORDRE DES SOLUTIONS
Toute perte de substance du visage n'appelle pas un lambeau. Les solutions se hiérarchisent, de la plus simple à la plus complexe, et le choix se fait en fonction de la taille de la perte de substance, de sa profondeur, et surtout de sa localisation.
- La suture directe : les berges sont rapprochées après avoir intégré la zone à retirer dans un fuseau orienté selon les lignes de moindre tension. C'est la solution de référence chaque fois qu'elle est possible.
- La cicatrisation dirigée : la plaie est laissée ouverte et se referme seule sous pansements. Elle garde des indications précises, notamment sur les zones concaves comme l'angle interne de l'œil ou l'aile du nez chez le sujet âgé.
- La greffe de peau : de la peau est prélevée ailleurs, amincie de sa graisse, puis suturée sur la perte de substance. Elle suppose un sous-sol correctement vascularisé.
- Le lambeau local : de la peau voisine est déplacée avec sa vascularisation. C'est la solution qui donne, à terme, le meilleur résultat de couleur et de texture, au prix de cicatrices plus longues.
Cette hiérarchie n'est pas absolue. Sur certaines zones du visage, un lambeau est d'emblée préférable à une greffe, parce qu'une greffe y laisserait une pièce rapportée visible : une plaque plus claire, plus lisse ou légèrement en creux, qui ne se fond jamais tout à fait dans la peau alentour.
LE PRINCIPE DES SOUS-UNITÉS ESTHÉTIQUES
Le visage se lit comme un assemblage de sous-unités : le dos du nez, la pointe, chaque aile narinaire, la paupière supérieure, la paupière inférieure, la joue, la lèvre blanche, le menton. Chacune a sa propre courbure, sa propre façon de renvoyer la lumière.
L'œil ne repère pas une cicatrice parce qu'elle est longue, mais parce qu'elle traverse une de ces unités en son milieu. Une cicatrice placée à la jonction entre deux sous-unités devient au contraire presque invisible : elle est lue comme un pli naturel. C'est pourquoi le dessin d'un lambeau ne suit jamais la forme de la perte de substance, mais celle du relief dans lequel il doit disparaître.
Deux règles en découlent, qui expliquent la plupart des tracés présentés plus bas : les incisions sont placées dans les sillons et les bords naturels ; et lorsqu'une sous-unité est détruite à plus de la moitié, il est souvent préférable de la reconstruire en entier plutôt que de rapiécer ce qui reste.
LES LAMBEAUX DU NEZ
Le nez est de loin la localisation la plus fréquente des tumeurs cutanées du visage. C'est aussi la plus exigeante : la peau y est épaisse et sébacée sur la pointe, fine et mobile sur le dos, et l'aile narinaire est un bord libre qui se rétracte à la moindre traction.
LE LAMBEAU DE RIEGER (LAMBEAU DORSAL NASAL)
Il s'adresse aux pertes de substance de la pointe et du tiers inférieur du dos du nez, jusqu'à environ deux centimètres. L'incision suit la paroi latérale du nez, remonte vers l'angle interne de l'œil, puis se prolonge entre les sourcils : c'est tout le revêtement cutané du dos du nez qui glisse vers le bas, en un seul bloc, pour venir couvrir la perte de substance.
Son intérêt : la peau apportée est celle du nez lui-même, donc identique en couleur et en épaisseur. Sa limite : il n'apporte pas de tissu supplémentaire au visage, il le redistribue — au-delà d'une certaine taille, il tire sur la pointe et remonte l'aile narinaire.

LE LAMBEAU BILOBÉ
Décrit initialement par Esser puis modifié par Zitelli, il traite les pertes de substance de petite taille, jusqu'à un centimètre et demi environ, situées sur la pointe ou à la jonction de la pointe et de l'aile du nez.
Son principe est de répartir la tension. Plutôt que de faire pivoter un seul lambeau de quatre-vingt-dix degrés — ce qui créerait un bourrelet et attirerait l'aile narinaire — on dessine deux lobes successifs qui tournent chacun d'environ quarante-cinq degrés autour d'un même point de pivot. Le premier lobe comble la perte de substance, le second comble le premier, et c'est finalement la peau souple du dos du nez qui est refermée par simple suture.
C'est l'un des lambeaux les plus fiables du nez, à condition que le dessin soit rigoureux : la position du point de pivot et l'angle de rotation ne se rattrapent pas.

LE LAMBEAU NASO-GÉNIEN
La peau est prélevée dans le sillon naso-génien, ce pli qui sépare la joue de la lèvre supérieure, puis transposée vers l'aile du nez. Elle y apporte une peau d'épaisseur comparable, ce qui convient particulièrement bien à la reconstruction de l'aile narinaire.
Son principal avantage est cicatriciel : le site de prélèvement se referme par une suture qui se confond avec le sillon lui-même, où elle devient très difficile à repérer. Selon la taille et la profondeur de la perte de substance, il peut être réalisé en un temps ou en deux temps, avec section d'un pédicule quelques semaines plus tard.

LE LAMBEAU FRONTAL PARAMÉDIAN
C'est la technique de référence pour les pertes de substance étendues ou profondes du nez : une aile narinaire complète, la pointe, parfois plusieurs sous-unités à la fois. Une palette de peau est dessinée verticalement sur le front, à côté de la ligne médiane, et reste reliée au visage par un pédicule vertical qui contient l'artère supra-trochléaire.
La palette est basculée sur le nez et suturée en place ; le pédicule reste apparent, en pont, le temps que le lambeau se revascularise sur place. Il est sectionné lors d'un second temps, environ trois semaines plus tard, sous anesthésie locale. Un troisième temps d'affinement est parfois utile quelques mois après.
C'est une reconstruction lourde, qui demande d'accepter une période intermédiaire où le pédicule est visible. C'est aussi, de loin, celle qui donne les meilleurs résultats sur les grandes pertes de substance du nez : le front fournit une peau de qualité, épaisse, bien vascularisée, et sa cicatrice verticale est habituellement discrète.

LES LAMBEAUX DE LA PAUPIÈRE ET DE LA JOUE
La paupière est le seul endroit du visage où la reconstruction a une fonction avant d'avoir une esthétique : elle doit protéger la cornée, permettre le clignement et l'écoulement des larmes. Un défaut de reconstruction ne se traduit pas seulement par une cicatrice, mais par un œil qui pleure, qui rougit ou qui s'irrite.
On distingue les pertes de substance partielles, qui n'intéressent que la peau, des pertes de substance de pleine épaisseur, qui emportent aussi le tarse et la conjonctive. Les secondes imposent de reconstruire deux plans : un plan interne, rigide et muqueux, et un plan externe, cutané.
LE LAMBEAU DE TENZEL (LAMBEAU SEMI-CIRCULAIRE)
Il s'adresse aux pertes de substance de pleine épaisseur de la paupière inférieure atteignant jusqu'à la moitié environ de sa longueur. Une incision en demi-cercle part de l'angle externe de l'œil et remonte vers la tempe ; associée à une section du tendon canthal externe, elle libère la paupière et permet de la faire glisser vers le nez pour refermer la perte de substance.
Son grand mérite est que le bord libre est reconstitué par la paupière elle-même : les cils, la ligne grise et le contact avec l'œil sont conservés, et l'œil n'est pas fermé pendant la cicatrisation.

LE LAMBEAU DE HUGHES (LAMBEAU TARSO-CONJONCTIVAL)
Au-delà de la moitié de la paupière inférieure, il n'y a plus assez de tissu à glisser. Le plan interne est alors emprunté à la paupière supérieure, sous la forme d'un lambeau de tarse et de conjonctive qui bascule vers le bas ; le plan externe est couvert par une greffe de peau ou par un lambeau cutané de voisinage.
La contrepartie est que l'œil reste fermé le temps que le lambeau prenne, en général trois à six semaines, avant un second temps d'ouverture qui se fait sous anesthésie locale. Cette période est contraignante, en particulier lorsque l'autre œil voit mal ; elle se discute au cas par cas.

LE LAMBEAU DE MUSTARDÉ (ROTATION DE LA JOUE)
Lorsque la perte de substance déborde la paupière et gagne franchement la joue, aucune réparation locale ne suffit. L'incision part de l'angle externe de l'œil, contourne la tempe, passe devant l'oreille et redescend : c'est toute la joue qui pivote vers le haut et vers le nez.
Le tracé peut paraître impressionnant, mais il est précisément dessiné pour que les cicatrices tombent dans les contours naturels du visage. Lorsque la perte de substance est de pleine épaisseur, la paupière reconstruite doit être soutenue par un renfort — le plus souvent une greffe de cartilage et de muqueuse prélevée dans l'oreille ou au palais — sans lequel elle se rétracterait vers le bas.

L'AVANCEMENT JUGAL
Pour les pertes de substance de la joue et du bord de la paupière inférieure qui ne justifient pas une rotation complète, la peau voisine est simplement décollée puis avancée en bloc, sans rotation, dans le sens des lignes de moindre tension.
Les incisions sont placées là où elles se voient le moins : sous la ligne des cils et dans le sillon naso-génien. C'est une technique sobre, qui exige surtout un décollement suffisant : un avancement fait sous tension attire la paupière vers le bas.

LES GREFFES
La greffe n'est pas une solution par défaut : sur certaines localisations, elle est la meilleure réponse. Elle a l'avantage d'être plus simple, plus rapide, et de ne créer aucune cicatrice supplémentaire autour de la perte de substance — ce qui compte lorsque le patient est âgé, fragile, ou lorsque la surveillance de la zone doit rester facile après l'exérèse d'une lésion agressive.
LA GREFFE DE PEAU TOTALE
Une greffe de peau totale comprend l'épiderme et la totalité du derme. Elle se rétracte peu et garde une texture proche de la peau normale, contrairement à la greffe de peau mince, qui n'a pratiquement pas d'indication sur le visage.
Tout se joue sur le choix du site de prélèvement : la peau greffée gardera la couleur et le grain de sa région d'origine. On la prélève donc là où elle ressemble le plus à celle du visage — la paupière supérieure, la région rétro-auriculaire derrière l'oreille, le sillon naso-génien, parfois le cou ou la région sus-claviculaire. Le site de prélèvement est refermé par une suture directe.
La greffe est ensuite maintenue au contact de son sous-sol par un pansement compressif, le « bourdonnet », gardé cinq à sept jours. Pendant cette période, elle se nourrit par imbibition avant d'être colonisée par de nouveaux vaisseaux : le moindre mouvement ou le moindre hématome peut compromettre sa prise.

LA GREFFE COMPOSITE DE L'OREILLE
Lorsque le bord de l'aile narinaire est emporté, il manque à la fois de la peau et le cartilage qui maintient la narine ouverte. Une simple greffe de peau s'y rétracterait et la narine se pincerait.
La greffe composite répond à ce problème : un fragment comprenant à la fois la peau et le cartilage est prélevé sur l'oreille, le plus souvent au niveau de l'hélix ou de sa racine, dont la courbure reproduit naturellement celle de l'aile du nez. Le prélèvement est refermé directement et ne modifie pas la forme de l'oreille — le principe est proche de celui utilisé dans la chirurgie des oreilles décollées.
Sa limite tient à sa vascularisation : le greffon n'a pas de pédicule et doit être entièrement revascularisé depuis ses berges. Sa taille reste donc réduite, de l'ordre d'un à un centimètre et demi, et la sélection des patients compte — le tabac, en particulier, est une contre-indication à ce geste.

LE DÉROULEMENT DE L'INTERVENTION
La plupart des lambeaux et des greffes du visage se réalisent sous anesthésie locale, en ambulatoire, dans le même temps que l'exérèse de la lésion. Une anesthésie locale approfondie par une sédation, ou une anesthésie générale, est proposée lorsque la reconstruction est étendue, lorsque plusieurs lésions sont traitées, ou simplement à la demande du patient.
La durée dépend de la technique : de vingt à trente minutes pour une greffe ou un petit lambeau, à une heure et demie pour une reconstruction complexe. L'hospitalisation est presque toujours limitée à la journée.
Dans certains cas, la reconstruction n'est pas faite le jour même. Lorsque le diagnostic n'est pas formel, ou lorsque les marges doivent être vérifiées avant de refermer, l'exérèse est réalisée dans un premier temps et la perte de substance est couverte par un pansement pendant quelques jours, en attendant le résultat de l'analyse. Cette reconstruction différée n'est pas un échec : elle garantit qu'on ne reconstruit pas sur une lésion incomplètement retirée.
LES SUITES OPÉRATOIRES
Les suites sont habituellement peu douloureuses ; un antalgique simple suffit le plus souvent. L'œdème et les ecchymoses sont en revanche systématiques et parfois impressionnants, surtout autour des paupières : ils sont maximaux vers le deuxième ou le troisième jour, puis régressent en une à deux semaines.
Les pansements sont refaits selon un rythme précisé à la sortie. Les fils du visage sont retirés tôt, entre le cinquième et le septième jour, afin de ne pas laisser de marques de points. Il faut éviter les efforts physiques, la chaleur et le sport pendant deux à trois semaines, et surtout protéger la cicatrice du soleil pendant au moins six mois : une exposition précoce fixe durablement une pigmentation brune.
LE RÉSULTAT
Un lambeau récent n'a pas l'aspect qu'il aura à un an. Dans les premières semaines, il est souvent légèrement bombé, plus rouge que la peau voisine, et parfois insensible ou au contraire hypersensible. Cet aspect n'est pas définitif.
La cicatrice suit ensuite son évolution habituelle : elle se raffermit et rougit pendant deux à trois mois, puis s'assouplit et s'éclaircit progressivement. Le résultat s'apprécie à un an, parfois dix-huit mois sur le nez, où la peau épaisse met plus longtemps à se remodeler.
Une cicatrice, quelle que soit la technique employée et la qualité des soins, ne disparaît jamais totalement : l'objectif est qu'elle devienne discrète et qu'elle soit lue comme un pli du visage. Des retouches simples sont possibles après un an — dégraissage d'un lambeau trop épais, reprise d'un ourlet, séances de massage ou de laser — et font partie du parcours normal d'une reconstruction, sans être systématiques.
PROBLÈMES POTENTIELS
- La souffrance ou la nécrose partielle du lambeau ou de la greffe : elle concerne le plus souvent l'extrémité la plus éloignée du pédicule et guérit sous soins locaux, au prix d'un délai de cicatrisation allongé. Le tabac en est le principal facteur de risque.
- L'hématome : il décolle le lambeau de son sous-sol et compromet sa prise ; il peut nécessiter une évacuation en urgence.
- L'infection, rare sur le visage du fait de sa vascularisation riche.
- L'effet « trappe » : un lambeau arrondi peut se bomber avec le temps, ce qui se corrige par un dégraissage secondaire simple.
- La rétraction d'un bord libre : ectropion de la paupière inférieure — la paupière se décolle de l'œil et l'œil larmoie — ou encoche de l'aile narinaire. C'est la complication que tout le dessin cherche à prévenir, et elle se corrige chirurgicalement.
- Une anomalie de la cicatrice : élargissement, cicatrice hypertrophique ou, rarement, chéloïde, ou différence de couleur persistante entre la peau greffée et la peau voisine.
Ces complications ne doivent pas être exagérées : elles restent rares et la plupart se traitent bien. Il faut simplement prendre conscience qu'une intervention chirurgicale comporte toujours une part d'aléas.
Le recours à un Chirurgien Plasticien qualifié, comme le Dr David Ganon, vous assure que celui-ci a la formation et la compétence requise pour savoir éviter ces complications, ou les traiter efficacement le cas échéant.
LA QUESTION DU TABAC
Elle est ici plus déterminante qu'ailleurs. Un lambeau ne survit que par les vaisseaux qui le nourrissent, et une greffe ne prend que si de nouveaux vaisseaux la colonisent : la nicotine, en contractant ces vaisseaux, agit exactement là où la reconstruction est vulnérable. Le tabac est la cause la plus fréquente de nécrose d'un lambeau du visage.
Les données scientifiques sont unanimes quant aux effets néfastes de la consommation tabagique dans les semaines entourant une intervention chirurgicale. Ces effets sont multiples et peuvent entrainer des complications cicatricielles majeures, des échecs de la chirurgie et favoriser l'infection. Le tabac peut être aussi responsable de complications respiratoires ou cardiaques durant l'anesthésie.
Dans cette optique, la communauté des chirurgiens plasticiens s'accorde sur une demande d'arrêt complet du tabac au moins 1 mois avant l'intervention puis jusqu'à 1 mois après les soins de pansements terminés (6 à 8 semaines après l'intervention). La cigarette électronique doit être considérée de la même manière.
Si vous fumez, parlez-en à votre chirurgien et à votre anesthésiste. Une prescription de substituts nicotiniques pourra ainsi vous être proposée. Vous pouvez également obtenir de l'aide auprès de Tabac-Info-Service (3989) pour vous orienter vers un sevrage tabagique éventuellement avec un tabacologue.
LA PRISE EN CHARGE
La reconstruction qui suit l'exérèse d'une tumeur cutanée relève d'une chirurgie réparatrice : elle est prise en charge par l'Assurance maladie, au même titre que l'exérèse elle-même. Le Dr David Ganon exerçant en secteur 2, un dépassement d'honoraires s'applique et vous est communiqué par écrit avant l'intervention, dans un devis détaillé remis lors de la consultation.
Le détail des tarifs figure sur la page devis et tarifs.
POUR ALLER PLUS LOIN
Les principes de l'exérèse, les marges de sécurité et l'analyse histologique sont détaillés sur la page principes généraux de la chirurgie des tumeurs cutanées. La chirurgie des paupières à visée esthétique fait l'objet d'une page distincte, la blépharoplastie. Pour toute question sur votre situation, une consultation permet d'examiner la lésion et de définir la technique de réparation adaptée.
L'oreille est le principal site de prélèvement des greffes composites décrites plus haut : sa chirurgie est présentée sur les pages otoplastie et lobe fendu.
Avant / après
QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LES LAMBEAUX ET LES GREFFES DE LA FACE :
Qu'est-ce qu'un lambeau en chirurgie du visage ?
Un lambeau est un fragment de peau déplacé depuis une zone voisine pour couvrir une perte de substance, en restant relié à son propre réseau de vaisseaux. C'est ce lien vasculaire qui lui permet de survivre immédiatement à sa nouvelle place et qui le distingue d'une greffe.
Quelle est la différence entre un lambeau et une greffe de peau ?
Le lambeau reste attaché à sa vascularisation ; la greffe en est totalement séparée et doit être revascularisée par le tissu qui la reçoit. Le lambeau donne en général un meilleur résultat de couleur et de texture, au prix de cicatrices plus longues ; la greffe est plus simple et n'ajoute pas de cicatrice autour de la perte de substance.
Pourquoi ne peut-on pas simplement recoudre la peau ?
C'est ce qui est fait chaque fois que c'est possible. Mais lorsque la perte de substance est large, ou lorsqu'elle se situe près d'un bord libre comme la paupière ou l'aile du nez, une suture directe tirerait sur ce bord et le déformerait durablement. Le lambeau ou la greffe évite cette traction.
Comment le chirurgien choisit-il la technique de réparation ?
Le choix dépend de la taille de la perte de substance, de sa profondeur, de sa localisation, de la souplesse de la peau environnante et de l'état de santé du patient. Les solutions se hiérarchisent de la suture directe à la greffe puis au lambeau local, chaque zone du visage ayant ses techniques de référence.
Qu'appelle-t-on les sous-unités esthétiques du visage ?
Le visage se lit comme un assemblage de zones ayant chacune sa courbure : dos du nez, pointe, ailes narinaires, paupières, joue, lèvre, menton. Une cicatrice placée à la jonction de deux de ces zones est lue comme un pli naturel et devient très discrète ; c'est ce qui guide le dessin des lambeaux.
La reconstruction est-elle faite le même jour que l'ablation de la lésion ?
Le plus souvent, oui : l'exérèse et la réparation sont réalisées dans le même temps opératoire. Lorsque le diagnostic n'est pas formel ou que les marges doivent être vérifiées avant de refermer, la reconstruction est différée de quelques jours, le temps du résultat de l'analyse.
Quel type d'anesthésie est utilisé ?
La plupart des lambeaux et des greffes du visage se réalisent sous anesthésie locale. Une anesthésie locale approfondie par une sédation, ou une anesthésie générale, est proposée pour les reconstructions étendues, lorsque plusieurs lésions sont traitées, ou à la demande du patient.
Combien de temps dure l'intervention ?
De vingt à trente minutes pour une greffe ou un petit lambeau, jusqu'à environ une heure et demie pour une reconstruction complexe comme un lambeau frontal ou une rotation de joue.
Faut-il être hospitalisé ?
L'intervention se déroule presque toujours en ambulatoire : vous entrez et sortez le jour même. Une hospitalisation d'une nuit reste possible pour les reconstructions les plus étendues ou sous anesthésie générale.
Les suites sont-elles douloureuses ?
Les suites sont habituellement peu douloureuses et un antalgique simple suffit le plus souvent. L'œdème et les ecchymoses sont en revanche constants, parfois impressionnants autour des paupières.
Combien de temps durent le gonflement et les bleus ?
L'œdème et les ecchymoses sont maximaux vers le deuxième ou le troisième jour, puis régressent en une à deux semaines. Un léger gonflement du lambeau lui-même peut persister plusieurs semaines.
Quand les fils sont-ils retirés ?
Sur le visage, les fils sont retirés tôt, entre le cinquième et le septième jour, afin d'éviter les marques de points. Les pansements sont refaits selon le rythme précisé à la sortie.
Combien de temps d'éviction sociale faut-il prévoir ?
Comptez en général une à deux semaines, le temps que les fils soient retirés et que l'œdème régresse. Les efforts physiques, la chaleur et le sport sont à éviter pendant deux à trois semaines.
Quand le résultat est-il définitif ?
La cicatrice se raffermit et rougit pendant deux à trois mois, puis s'assouplit et s'éclaircit progressivement. Le résultat s'apprécie à un an, parfois dix-huit mois sur le nez, où la peau épaisse met plus longtemps à se remodeler.
La cicatrice va-t-elle se voir ?
Une cicatrice ne disparaît jamais totalement, quelle que soit la technique et la qualité des soins. L'objectif est qu'elle devienne discrète en étant placée dans un sillon ou à la jonction de deux zones du visage, où elle est lue comme un pli naturel.
Qu'est-ce que le lambeau de Rieger ?
C'est un lambeau qui mobilise tout le revêtement cutané du dos du nez et le fait glisser vers le bas pour couvrir une perte de substance de la pointe ou du tiers inférieur du nez. Il apporte une peau identique en couleur et en épaisseur, mais reste limité aux pertes de substance d'environ deux centimètres.
Qu'est-ce qu'un lambeau bilobé ?
C'est un lambeau formé de deux lobes de peau successifs qui pivotent chacun d'environ quarante-cinq degrés autour d'un même point. Cette répartition de la rotation évite de tirer sur l'aile du nez. Il traite les pertes de substance de petite taille, jusqu'à un centimètre et demi environ, de la pointe et de l'aile.
Pourquoi le lambeau frontal se fait-il en deux temps ?
Parce que la palette de peau prélevée sur le front reste nourrie par un pédicule vertical le temps qu'elle se revascularise sur le nez. Ce pédicule est sectionné lors d'un second temps, environ trois semaines plus tard, sous anesthésie locale.
Comment reconstruit-on une paupière inférieure après un cancer ?
Jusqu'à la moitié environ de sa longueur, la paupière restante est libérée puis glissée vers le nez par un lambeau semi-circulaire de Tenzel. Au-delà, le plan interne est emprunté à la paupière supérieure par un lambeau de Hughes. Lorsque la perte de substance gagne la joue, c'est une rotation de joue de Mustardé qui est utilisée.
L'œil reste-t-il fermé après un lambeau de Hughes ?
Oui : le lambeau vient de la paupière supérieure et l'œil reste fermé le temps qu'il prenne, en général trois à six semaines. Un second temps, réalisé sous anesthésie locale, rouvre ensuite la paupière.
Où prélève-t-on la peau pour une greffe du visage ?
Là où elle ressemble le plus à celle du visage, car la greffe gardera la couleur et le grain de sa région d'origine : paupière supérieure, région située derrière l'oreille, sillon naso-génien, parfois le cou ou la région située au-dessus de la clavicule. Le site de prélèvement est refermé par une suture directe.
Qu'est-ce qu'un bourdonnet ?
C'est un pansement compressif suturé par-dessus la greffe pour la maintenir au contact de son sous-sol. Il est gardé cinq à sept jours, le temps que la greffe se nourrisse par imbibition puis soit colonisée par de nouveaux vaisseaux.
Qu'est-ce qu'une greffe composite de l'oreille ?
C'est un fragment comprenant à la fois de la peau et du cartilage, prélevé sur l'hélix de l'oreille, utilisé pour reconstruire le bord de l'aile narinaire lorsque celui-ci est emporté. Sa courbure reproduit celle de la narine. N'ayant pas de pédicule, sa taille reste limitée, de l'ordre d'un à un centimètre et demi.
Le lambeau peut-il nécroser ?
Une souffrance ou une nécrose partielle est possible, le plus souvent à l'extrémité la plus éloignée du pédicule. Elle guérit habituellement sous soins locaux, au prix d'un délai de cicatrisation allongé. Le tabac en est le principal facteur de risque.
Qu'est-ce que l'effet « trappe » d'un lambeau ?
Un lambeau arrondi peut se bomber avec le temps et former un relief visible. C'est un phénomène fréquent et bénin, qui se corrige par un dégraissage secondaire simple, réalisé sous anesthésie locale après plusieurs mois.
Faut-il arrêter de fumer avant l'intervention ?
Oui, c'est ici déterminant : la nicotine contracte les vaisseaux qui nourrissent le lambeau ou qui doivent coloniser la greffe. L'arrêt complet est demandé au moins un mois avant l'intervention et jusqu'à un mois après la fin des pansements. La cigarette électronique doit être considérée de la même manière.
Peut-on s'exposer au soleil après ?
La cicatrice doit être protégée du soleil pendant au moins six mois, par un écran total. Une exposition précoce fixe durablement une pigmentation brune sur la cicatrice.
L'intervention est-elle prise en charge ?
Oui : la reconstruction qui suit l'exérèse d'une tumeur cutanée relève de la chirurgie réparatrice et est prise en charge, au même titre que l'exérèse. Le Dr David Ganon exerçant en secteur 2, un dépassement d'honoraires s'applique et figure sur un devis détaillé remis avant l'intervention.
Qui réalise l'intervention ?
Le Dr David Ganon, Chirurgien Plasticien qualifié, exerçant à Paris 8e et à Saint-Maur-des-Fossés. La consultation permet d'examiner la lésion, d'expliquer la technique envisagée et de remettre un devis détaillé.