Patiente en brassière de contention après une intervention sur les prothèses mammaires

Syndrome ASIA et prothèses mammaires

Rédigé par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.

EN BREF

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Le syndrome ASIA et la « maladie des implants mammaires » désignent des symptômes généraux rapportés par certaines porteuses de prothèses. Aucune prise de sang ne permet aujourd’hui de les diagnostiquer : le bilan sert surtout à rechercher d’autres causes. En cas de symptômes, un avis médical et chirurgical permet de discuter, au cas par cas, d’un éventuel retrait.

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QU’EST-CE QUE LE SYNDROME ASIA ?

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Le sigle ASIA signifie Autoimmune/inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants, soit « syndrome auto-immun ou inflammatoire induit par des adjuvants ». Il a été proposé en 2011 par Yehuda Shoenfeld et Nancy Agmon-Levin dans le Journal of Autoimmunity. Il regroupe des manifestations cliniques et immunologiques hétérogènes, survenant chez des personnes prédisposées après une exposition à une substance dite « adjuvante », c’est-à-dire capable de stimuler le système immunitaire. Le silicone des prothèses mammaires fait partie des substances évoquées.

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Un terme voisin, plus récent, est souvent employé : la « maladie des implants mammaires », traduction de l’anglais breast implant illness (BII). L’ANSM indique que ce terme est « parfois utilisé » pour regrouper divers symptômes chez les porteuses d’implants. La FDA, l’autorité sanitaire américaine, précise que la BII n’est pas reconnue comme un diagnostic médical formel.

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EXISTE-T-IL UNE PRISE DE SANG POUR DIAGNOSTIQUER LE SYNDROME ASIA ?

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À ce jour, aucune prise de sang ne permet de diagnostiquer le syndrome ASIA ou la maladie des implants mammaires. La FDA indique qu’il n’existe ni test spécifique ni critère reconnu pour définir cette entité. Une méta-analyse publiée en 2025 confirme l’absence de signe clinique ou biologique clair permettant d’établir le diagnostic.

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Certaines analyses peuvent néanmoins être prescrites. Les anticorps antinucléaires sont l’anomalie la plus souvent relevée dans les publications sur le syndrome ASIA, mais ils sont peu spécifiques : on les retrouve aussi chez des personnes en bonne santé. Un bilan sanguin sert donc surtout à rechercher d’autres causes aux symptômes, comme une maladie auto-immune, inflammatoire ou un autre trouble, que le médecin traitant ou un spécialiste saura orienter.

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QUELS SYMPTÔMES SONT RAPPORTÉS ?

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Les symptômes décrits sont variés et non spécifiques. L’ANSM cite notamment :

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  • la fatigue ;
  • la perte de mémoire ;
  • les éruptions cutanées ;
  • les douleurs articulaires.

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La FDA mentionne également le « brouillard cérébral » (difficultés de concentration) et les douleurs musculaires. Dans une méta-analyse de 2025 portant sur les symptômes déclarés par les patientes, les plus fréquents étaient les plaintes articulaires (39,1 %), la fatigue ou le malaise (27,2 %), les douleurs ou la faiblesse musculaires (25,1 %) et les troubles cognitifs (21,6 %).

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Ces manifestations peuvent avoir de nombreuses autres origines. C’est pourquoi elles justifient un examen médical complet avant toute conclusion.

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QUE DISENT LES AUTORITÉS DE SANTÉ ?

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En France, l’ANSM surveille les déclarations d’effets indésirables liés au syndrome ASIA. Elle indique que les données disponibles restent insuffisantes pour déterminer si certaines déclarations de matériovigilance relèvent d’un syndrome ASIA, et a envisagé de solliciter une expertise européenne pour en améliorer le diagnostic et la prise en charge.

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L’ANSM rappelle par ailleurs plusieurs principes pour toutes les porteuses de prothèses :

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  • un suivi médical annuel ;
  • le risque d’effets indésirables augmente avec la durée de port des implants ;
  • la question du remplacement se pose à partir de la dixième année après l’implantation ;
  • tout incident grave suspecté peut être déclaré sur signalement-sante.gouv.fr.

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La FDA rappelle de son côté que les prothèses mammaires ne sont pas des dispositifs à vie. Les revues scientifiques récentes soulignent le manque de critères diagnostiques standardisés et l’hétérogénéité des études : le lien de cause à effet entre prothèses et syndrome ASIA reste débattu.

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QUE FAIRE SI L’ON A DES SYMPTÔMES ET DES PROTHÈSES ?

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La première étape consiste à consulter son médecin traitant, qui recherche les autres causes possibles et oriente, si besoin, vers un spécialiste. Il est également utile de consulter son chirurgien plasticien, idéalement avec la carte d’implant et le compte rendu opératoire.

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La consultation comprend un examen clinique des seins et des prothèses. Une imagerie, en général une échographie, complétée si nécessaire par une IRM, permet de vérifier l’intégrité des implants et l’absence d’épanchement ou de complication locale.

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Si les symptômes persistent sans autre explication, un retrait des prothèses (explantation) peut être discuté, avec ou sans remplacement. Il s’agit d’une décision médicale individuelle, prise après information sur les bénéfices attendus, les limites et les conséquences esthétiques. Après un retrait, la forme des seins peut être reprise, selon les cas, par un lifting des seins ou un lipofilling mammaire. Les modalités sont détaillées sur la page consacrée au changement ou retrait de prothèses mammaires.

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À titre indicatif, le tarif d’un changement de prothèses affiché par le Dr David Ganon est à partir de 3 000 €. Le devis est établi en consultation, après examen ; une prise en charge par l’Assurance maladie peut exister selon l’indication médicale. Voir la page devis et tarifs.

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QUE SAIT-ON DES RÉSULTATS APRÈS RETRAIT DES PROTHÈSES ?

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Plusieurs études rapportent une amélioration des symptômes après le retrait. Une revue systématique publiée en 2024 dans l’Aesthetic Surgery Journal relève une amélioration chez 83,5 % des patientes dans les neuf études qui l’évaluaient, quel que soit le type de retrait de la capsule (capsulectomie totale, partielle ou absente). Une étude prospective de 2026, menée sur 20 patientes, décrit une amélioration progressive sur 24 mois, variable selon le type de symptômes.

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Ces résultats doivent être interprétés avec prudence : le niveau de preuve reste modéré, les études sont hétérogènes, souvent de petite taille et sans groupe de comparaison. La FDA formule la même réserve : dans certains cas, les patientes rapportent une amélioration après retrait sans remplacement. Aucune amélioration ne peut donc être garantie.

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NE PAS CONFONDRE AVEC LE LAGC-AIM

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Le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM) est un sujet différent. Il s’agit d’un lymphome rare, dont le lien avec le port d’implants, principalement texturés, est établi. Selon l’ANSM, un épanchement abondant, une augmentation de volume, une douleur ou une inflammation du sein doivent faire consulter. Le retrait préventif des implants n’est pas recommandé dans ce cadre.

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POUR ALLER PLUS LOIN

Consulter le Dr David Ganon

Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart, et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire. Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.

Avant / après

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Existe-t-il une prise de sang pour diagnostiquer le syndrome ASIA ?

Non. À ce jour, aucun marqueur sanguin spécifique ne permet de diagnostiquer le syndrome ASIA ou la maladie des implants mammaires. Les anticorps antinucléaires sont parfois positifs, mais ils se retrouvent aussi chez des personnes en bonne santé. Le bilan sanguin sert surtout à rechercher d’autres causes aux symptômes.

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Le syndrome ASIA est-il une maladie reconnue ?

Le syndrome ASIA a été proposé en 2011, mais son lien avec les prothèses mammaires reste débattu. La FDA précise que la maladie des implants mammaires n’est pas un diagnostic médical formel, et l’ANSM estime les données encore insuffisantes.

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Faut-il retirer ses prothèses en cas de symptômes ?

Pas systématiquement. Il faut d’abord consulter son médecin traitant et son chirurgien pour rechercher d’autres causes et vérifier l’état des implants. Un retrait, avec ou sans remplacement, peut ensuite être discuté au cas par cas.

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Les symptômes disparaissent-ils après le retrait des prothèses ?

Des études rapportent une amélioration chez une majorité des patientes opérées, mais leur niveau de preuve reste modéré. Aucune amélioration ne peut être garantie.

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Le syndrome ASIA est-il la même chose que le lymphome lié aux prothèses ?

Non. Le LAGC-AIM est un lymphome rare, principalement associé aux implants texturés. Il se manifeste souvent par un épanchement, une augmentation de volume ou une douleur du sein, et relève d’une prise en charge spécifique.

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Quel suivi pour les femmes porteuses de prothèses mammaires ?

L’ANSM recommande un suivi médical annuel et rappelle que la question du remplacement se pose à partir de la dixième année après l’implantation. Une imagerie peut être prescrite en cas de doute.

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Combien coûte un retrait ou un changement de prothèses ?

Chez le Dr David Ganon, le changement de prothèses est proposé à partir de 3 000 €. Le devis est établi en consultation, et une prise en charge peut exister selon l’indication médicale.

Tarifs

Changement de prothèses
3000
Changement de prothèses
4480