Choisir son chirurgien esthétique et prendre le temps : les réponses du Dr Ganon

Rédigé et relu par le Dr David Ganon, chirurgien plasticien à Paris 8e, ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.

Mis à jour le 15 octobre 2026

Propos tenus par le Dr David Ganon dans un entretien enregistré en 2026 pour le podcast de Sabrina Merraki, consacré au lifting, et retranscrits avec son accord ; seules ses réponses sont reproduites, mises en forme pour la lecture. Il y est question de la consultation, du choix de son chirurgien, du délai de réflexion prévu par la loi, des complications et de leur prise en charge, et de la place de l'intelligence artificielle. Deux autres entretiens complètent celui-ci, l'un sur le lifting du visage (âge, durée, résultat naturel), l'autre sur le lifting du cou par radiofréquence (cicatrices, durée, suites).

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POURQUOI LA CONSULTATION PREND-ELLE DU TEMPS ?

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Nos maîtres en chirurgie nous disaient toujours que le plus important est de poser l'indication opératoire. C'est la base de tout, et cela demande du temps. Une patiente qui consulte aujourd'hui un chirurgien esthétique ne peut pas être reçue à la va-vite, en cinq à dix minutes, avec un « il vous faut ceci, c'est comme ça, et c'est terminé ». Il faut prendre du temps pour expliquer les choses et, surtout, pour analyser le visage, un miroir dans les mains de la patiente : regardez, il y a ceci ; regardez, il y a cela ; l'aviez-vous remarqué ? Et voici comment on peut le corriger, avec tel résultat, pour telle durée, avec tel risque de complications.

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C'est cela, une consultation complète : elle pose l'indication. Ce n'est pas une indication pour tout le monde, c'est une indication par personne ; c'est celle qui convient, et c'est souvent celle qui donne le moins de complications. Un plasticien expérimenté voit d'ailleurs assez rapidement, pour ne pas dire au premier coup d'œil, quelle technique conviendra — un lifting cervico-facial (G-Lift) ou un lifting du cou par radiofréquence Quantum, par exemple.

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COMMENT CHOISIR SON CHIRURGIEN ESTHÉTIQUE ?

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Il est extrêmement important de bien choisir son praticien. Une chirurgie esthétique est un pas dans une vie, et quand on prend une décision aussi importante, il faut être accompagné. Comme en toute chose, il faut qu'un lien de confiance s'établisse : avoir en face de soi quelqu'un qui prend du temps pour vous, qui vous accorde de l'attention. Il ne faut pas sentir quelqu'un de pressé ou de fuyant ; il faut un discours compréhensif, attentif et surtout très clair.

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Il faut aussi quelqu'un de disponible, joignable après l'intervention : après une chirurgie esthétique, mes patientes peuvent me contacter, et je leur réponds. Quand on exerce ce métier en structure privée, cette disponibilité fait partie de l'engagement, tout au long de la carrière ; c'est quelque chose de fondamental, d'indispensable.

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QU'EST-CE QUI FAIT FRANCHIR LE PAS ?

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Une personne gênée par le passage du temps sur son visage va sentir, dans la consultation, la confiance avec le praticien ; celui-ci lui propose un résultat qui peut répondre à ses attentes. Vient ensuite la question de la vie professionnelle et du quotidien : selon la technique utilisée, il faut être en mesure d'interrompre ses activités, de manière assez courte pour un lifting mini-invasif, de manière plus prolongée si le relâchement cutané impose un lifting de type deep plane. J'ai détaillé ce qui motive une consultation de lifting dans l'entretien consacré au lifting du visage.

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QUEL EST LE DÉLAI DE RÉFLEXION AVANT UNE CHIRURGIE ESTHÉTIQUE ?

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La loi impose un délai légal de réflexion de 15 jours. Ce que je fais : il y a toujours deux consultations préopératoires, espacées de 15 jours, pour respecter ce délai de réflexion une fois les fiches d'information remises — un support écrit où figurent absolument tous les tenants et aboutissants de la procédure. Cela, c'est la loi.

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Au-delà, le but n'est jamais de hâter une chirurgie. C'est une décision importante : il ne faut jamais se précipiter. Nous sommes disponibles autant de fois que nécessaire avant l'intervention, et bien évidemment dans le suivi postopératoire. En général, c'est quand on se précipite qu'il y a des soucis. Il faut prendre le temps ; dans la vie, c'est en prenant le temps de faire les choses que les bonnes choses se produisent.

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Y A-T-IL DES COMPLICATIONS EN CHIRURGIE ESTHÉTIQUE ?

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Les complications n'existent pas seulement dans les techniques les plus invasives : il y en a aussi dans les chirurgies dites mini-invasives. La différence ne se joue pas forcément sur le taux de complications, mais sur leur gestion : l'accompagnement, la disponibilité, la connaissance de la complication, la manière de la prévenir et surtout de la traiter. Tout cela doit absolument être décrit en consultation préopératoire.

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Informer les patients est une obligation légale : toute personne qui se fait opérer doit avoir connaissance de tous les risques qui peuvent se concrétiser. Mais c'est aussi pour les rassurer, pour leur dire qu'ils se lancent dans quelque chose où ils seront accompagnés et où les risques sont connus et anticipés. Le but est de se faire plaisir, d'avoir une vie qui s'embellit à la suite d'une intervention — qui reste un pas à franchir dans une vie —, et non d'aller vers le risque. Je reçois en consultation, au retour en métropole, des personnes opérées à l'étranger avec des complications lourdes, dont l'accompagnement est ensuite extrêmement long et pénible.

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UN CHIRURGIEN DOIT-IL TOUJOURS PROPOSER UNE OPÉRATION ?

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On reste médecin avant tout. C'est quand on retient la mauvaise indication que l'on a des complications et une absence de résultat. Il faut surtout comprendre la personne en face de soi pour lui apporter un conseil ; si ce n'est pas un conseil chirurgical, ce peut être un conseil psychologique. Le but est d'aider les gens. Parfois, on ne les aide pas par une chirurgie, mais il faut les aider quand même : c'est notre métier.

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Notre métier, c'est la lutte contre le vieillissement, contre tout ce qui altère la qualité de la peau, et la préservation des traits de chacun le plus longtemps possible. On peut donc se permettre un conseil global, quand il est donné avec humanité et bienveillance ; en général, les gens ne nous en tiennent pas rigueur. Ce qui serait une catastrophe, c'est une consultation expéditive qui miserait tout sur les défauts pour aboutir très vite à un devis. Mais la plupart du temps, ce n'est pas ainsi que cela se passe, et l'on peut donner un conseil global sans choquer : c'est justement ce que les gens attendent de nous.

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QUE FAIRE EN CAS DE COMPLICATION APRÈS UNE OPÉRATION À L'ÉTRANGER ?

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Je ne refuse jamais à une patiente opérée à l'étranger la prise en charge d'une complication : on est médecin, encore une fois, avant tout. Si c'est trop lourd pour une structure privée et qu'il faut un service hospitalier, on doit toujours adresser ; c'est notre devoir. Face à la détresse, on ne peut pas répondre « non, désolé, ce n'est pas à moi que vous avez réglé le devis, débrouillez-vous ». Moralement, ce n'est pas possible.

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L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE PEUT-ELLE REMPLACER LE CHIRURGIEN ?

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L'intelligence artificielle est quelque chose d'extrêmement intéressant. Je ne l'utilise pratiquement pas, tout simplement parce que, pour moi, rien ne remplace un contact humain et une relation d'empathie. L'IA permet aussi à certains de se dédouaner de leur savoir au profit de quelque chose de trop objectif, de trop standardisé, même si l'on a l'impression que c'est personnalisé ; cela, je le vois d'un mauvais œil.

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Je pense que la majorité de la population française n'est pas prête à être prise en charge par une IA. Je pense à une personne âgée devant un standard téléphonique géré par une IA, et j'imagine les difficultés que cela peut engendrer. Une génération va naître avec l'IA, grandir avec elle, apprendre à l'école avec elle, puis, petit à petit, être soignée avec elle : d'ici vingt ans, on pourra peut-être commencer à parler de remplacement. Pour l'instant, non. L'être humain doit se faire confiance : nous avons une très longue formation, et c'est cela qu'il faut valoriser.

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POUR ALLER PLUS LOIN

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Voir aussi : choisir son chirurgien esthétique, la première consultation, le parcours patient, l'éviction sociale après une chirurgie esthétique, lifting cervico-facial (G-Lift), lifting du cou par radiofréquence Quantum, à propos du Dr David Ganon et ses publications scientifiques. Les deux autres entretiens : le lifting du visage (âge, durée, résultat naturel), ainsi que le lifting du cou par radiofréquence (cicatrices, durée, suites).

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À lire aussi : le déroulement de la première consultation et votre parcours, de la première consultation au suivi. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne, à Paris 8e ou à Saint-Maur-des-Fossés, ou appeler le 07 83 79 83 71.

Consulter le Dr David Ganon

Consultations à Paris 8e, 10 rue Quentin Bauchart (mardi et mercredi), et à Saint-Maur-des-Fossés, 54 avenue Beaurepaire (vendredi). Première consultation : 100 € ; les consultations de suivi ne sont pas facturées. Téléconsultation possible.

Réserver directement : Paris 8e · Saint-Maur-des-Fossés

Pour toute intervention de chirurgie esthétique, un devis détaillé vous est remis en consultation, puis un délai de réflexion d’au moins 15 jours est respecté avant l’intervention.

Photos avant / après : Principales interventions

QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LE CHOIX DE SON CHIRURGIEN ET LE DÉLAI DE RÉFLEXION :

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Quel est le délai de réflexion avant une chirurgie esthétique ?

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La loi impose un délai légal de réflexion de 15 jours. Dans ma pratique, il y a toujours deux consultations préopératoires espacées de 15 jours, une fois remises les fiches d'information : un support écrit qui détaille tous les tenants et aboutissants de la procédure. Le but n'est jamais de hâter une chirurgie : c'est une décision importante, et nous sommes disponibles autant de fois que nécessaire avant l'intervention, comme dans le suivi postopératoire.

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Comment choisir son chirurgien esthétique ?

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Une chirurgie esthétique est un pas dans une vie, et il faut être accompagné. En consultation, il faut avoir en face de soi quelqu'un qui prend du temps pour vous, qui vous accorde de l'attention, avec un discours compréhensif, attentif et très clair, sans se sentir face à quelqu'un de pressé ou de fuyant. Il faut aussi un chirurgien disponible, joignable après l'intervention. Enfin, la consultation doit poser une indication propre à chaque personne, et non une solution identique pour tous.

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Pourquoi la consultation de chirurgie esthétique dure-t-elle longtemps ?

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Parce que poser l'indication opératoire est la base de tout, et que cela demande du temps. Une patiente ne peut pas être reçue en cinq à dix minutes. Le chirurgien explique et analyse le visage, un miroir dans les mains de la patiente, pour montrer ce qui peut être corrigé, avec quel résultat, pour quelle durée et avec quel risque de complications. C'est cette consultation complète qui pose l'indication, souvent celle qui donne le moins de complications.

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Toutes les techniques de chirurgie esthétique ont-elles des complications ?

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Oui. Les complications n'existent pas seulement dans les techniques les plus invasives ; il y en a aussi dans les chirurgies dites mini-invasives. Ce qui compte, c'est leur prévention, leur connaissance, la disponibilité et l'accompagnement pour les traiter. L'information des patients est une obligation légale : toute personne opérée doit connaître les risques qui peuvent se concrétiser. C'est aussi ce qui permet de rassurer, en expliquant que l'on sera accompagné.

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Un chirurgien peut-il refuser de prendre en charge une complication après une opération à l'étranger ?

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Pour ma part, jamais : on est médecin avant tout. Si la complication est trop lourde pour une structure privée et nécessite un service hospitalier, le devoir est d'adresser la patiente. Face à la détresse, on ne peut pas répondre que le devis n'a pas été réglé chez soi. Je reçois en consultation des personnes opérées à l'étranger avec des complications lourdes, dont l'accompagnement est ensuite long et pénible.

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L'intelligence artificielle peut-elle remplacer la consultation avec un chirurgien ?

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Pas aujourd'hui. L'intelligence artificielle est intéressante, mais rien ne remplace un contact humain et une relation d'empathie, et la majorité de la population n'est pas prête à être prise en charge par une IA. Une génération qui naîtra et grandira avec l'IA changera peut-être cela d'ici une vingtaine d'années. Pour l'instant, c'est la très longue formation des médecins qu'il faut valoriser.

Tarifs : Principales interventions à Paris 8e